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Classement 2024: les universités françaises sont-elles perdues dans la traduction?
La performance médiocre dans les classements d’universités françaises aux noms prestigieux et lourds d’histoire est source d’embarras national. Faut-il ignorer les indices ou réformer sans complexe?
Classement 2024: les universités françaises sont-elles perdues dans la traduction?
Classement 2024: les universités françaises sont-elles perdues dans la traduction? / Others
30 septembre 2023

Un bilan démoralisant mais qui ne fait plus de peine à personne. Pas plus que les classements Shanghai ou QS, la sortie annuelle du Times Higher Education, ce classement des universités qui fait office de référence internationale, est vécue comme un événement essentiellement anglo-saxon qui ne vaut pas le détour du public académique francophone.

Dans le Top 10 du classement, paru mercredi dernier, les indétrônables Oxford, Stanford, MIT, Harvard, Harvard et consœurs continuent leur jeu des chaises musicales sans céder une seule place à aucune des prestigieuses institutions françaises. Naturellement, les États-Unis est toujours le pays, même si Harvard recule de deux rangs en-deçà de Cambridge et du Massachusetts Institute of Technology.

L’hégémonie anglo-saxonne est timidement taquinée quelques fois par la Suisse, l’Allemagne, la Belgique, le Japon ou la Chine. Il faut noter cette année la progression notable de Polytechnique Zurich qui s’est classée 11e, et de l’université Tsinghua de Pékin qui lui emboîte le pas.

La France, elle, reste loin derrière avec 4 universités parmi le top 100 et une seule au rang des 50 mieux cotées, parmi les 1 904 établissements en compétition de 108 pays.

Après le démantèlement, l’assemblage universitaire

Comme chaque année les discussions s’animent dans les forums en ligne où chacun y va de son diagnostic. Le public est partagé entre ceux qui contestent le principe de classification de bout en bout et d’autres qui s’en prennent au système éducatif français et exigent son adaptation.

Les doléances les plus récurrentes sont : la taille des universités qui, selon les termes d’un internaute, "avaient été démembrées par l’État après mai 68 pour mieux les contrôler", d’autant plus que les grandes écoles en France attirent une bonne partie des meilleurs étudiants.

En second lieu, les commentaires s’en remettent à la fatalité linguistique puisque le classement est fondamentalement basé sur le nombre de publications dans les revues internationales à comité de lecture dont l’anglais et la langue de référence. Le nombre insuffisant de recherches publiées par les universités francophones n’est, donc, qu’une corollaire des deux facteurs précédents.

Il serait vain de rejeter le classement comme incompatible ou s’opposer à la prépondérance de la langue anglaise en tant que médium de communication dans la recherche scientifique internationale. Toutefois, il est clair que la recomposition continue de l’espace universitaire français par les gouvernements successifs les défavorise dans cette course, pour autant que les premiers rangs soient un objectif.

Le Parisien Étudiant qui affichait un air d’optimisme il y a juste une semaine, après la sortie du classement QS européen, semble identifier les mêmes défaillances. Dans sa dernière revue, le magazine spécialisé pointe du doigt la "qualité de la recherche" et le "nombre de citation des papiers". Le principal atout de l’université française reste "l’ouverture internationale", souligne la revue, relevant comme nouveauté une "grande progression sur sa capacité d’innovation et d’impact sur l’économie réelle".

La faute aux barèmes?

Entre les deux camps, des voix considèrent que réforme et particularité ne sont pas irréconciliables. Le professeur émérite chez UPMC Sorbonne-Université Yves Epelboin affirme que "les critères de classification ne correspondent pas à l’organisation de la recherche en France" et considère que si les modalités de calcul tenaient compte des ramifications du système universitaire français, l’UPMC figurerait dans les dix premières universités mondiales.

Si l’UPMC n'apparaît pas au peloton de tête, explique-t-il, c’est parce que la recherche en France est organisée en différentes institutions. "La moitié des personnels de recherche appartiennent au CNRS. Rien ne les distingue de leurs collègues enseignants sinon qu’ils ne donnent pas de cours en licence et qu’ils ne sont pas payés par l’université", souligne le Pr Epelboin, notant que nombre de recherches sont effectuées en association avec différents organismes, représentant autant de manque à gagner dans les classements en termes de projets et de chercheurs.

SOURCE:TRT Francais
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