MONDE
5 MIN DE LECTURE
Crise au Niger: réunion militaire ouest-africaine, Poutine et Goïta pour une résolution pacifique
Une réunion militaire ouest-africaine devant évoquer une possible intervention armée au Niger, pour rétablir le président Mohamed Bazoum, aura lieu à partir de jeudi au Ghana, la Russie et le Mali appelant à une résolution pacifique de la crise.
Crise au Niger: réunion militaire ouest-africaine, Poutine et Goïta pour une résolution pacifique
Crise au Niger: réunion militaire ouest-africaine, Poutine et Goïta pour une résolution pacifique / Photo: AP / AP

Cette réunion initialement prévue le 12 août avait été repoussée et se déroulera finalement les 17 et 18 août à Accra, la capitale ghanéenne, selon une source militaire régionale et une source au sein de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao).

Elle se tiendra une semaine après la décision de l'organisation de déployer une "force en attente", pour rétablir dans ses fonctions Mohamed Bazoum, le président du Niger renversé par un coup d'Etat militaire le 26 juillet.

Mardi, au cours d'un entretien téléphonique, le président russe Vladimir Poutine et son homologue malien Assimi Goïta, arrivé au pouvoir par un putsch en 2020, ont souligné "l'importance de régler la situation" au Niger, "uniquement par des moyens pacifiques politico-diplomatiques".

Le Mali, pays voisin du Niger, avait très rapidement affiché sa solidarité avec les militaires au pouvoir à Niamey.

Ces derniers ont par ailleurs haussé le ton lundi soir face à la menace d'une intervention armée.

Ils ont rappelé l'ambassadeur du Niger à Abidjan pour "consultation", après des propos du président ivoirien Alassane Ouattara qui a fait, selon eux, "l'apologie de l'action armée" contre leur pays.

"Agression insensée"

Jeudi, après le sommet de la Cedeao à Abuja qui avait entériné le déploiement de la "force en attente", le président Ouattara avait déclaré que les chefs d'Etat étaient d'accord pour qu'une opération militaire "démarre dans les plus brefs délais", s'engageant à fournir un bataillon.

Le régime militaire à Niamey a dénoncé l'"empressement" de M. Ouattara à "voir se réaliser cette agression en tout point illégale et insensée contre le Niger".

Mardi, un container était disposé en travers de la route qui relie le Bénin au Niger à Malanville, seule frontière terrestre entre les deux pays, selon le témoignage de plusieurs habitants côté béninois.

Selon ces sources, ce container - qui bloque totalement le passage - aurait été disposé côté nigérien pour empêcher une éventuelle intervention militaire par cette frontière.

Lundi, la Cedeao a pour sa part dénoncé une "nouvelle provocation" des militaires au pouvoir à Niamey qui ont annoncé leur intention de poursuivre devant les tribunaux le président déchu Mohamed Bazoum "pour haute trahison".

Le régime militaire assure avoir réuni des "preuves", en s'appuyant sur des "échanges" qu'aurait eu M. Bazoum avec des "nationaux", des "chefs d'Etat étrangers" et des "responsables d'organisations internationales".

"Matraquage médiatique"

Dénonçant un "matraquage médiatique", le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), de M. Bazoum, a affirmé mardi que ces accusations étaient "une pure invention mensongère (...) pour empêcher le retour à une vie constitutionnelle normale".

Le président renversé est retenu depuis le coup d'Etat dans sa résidence présidentielle, avec son fils et sa femme.

Mais la voie du dialogue n'est pas abandonnée: samedi, une délégation de chefs religieux nigérians musulmans, menée avec l'accord du président nigérian Bola Tinubu, également à la tête de la Cedeao, s'est rendue à Niamey pour "apaiser les tensions créées par la perspective d'une intervention militaire".

Selon cette médiation, qui a été reçue par le nouvel homme fort du Niger, le général Abdourahamane Tchiani, les militaires sont prêts à "explorer la voie de la diplomatie et de la paix afin de résoudre" la crise.

Et si la Cedeao a brandi la menace d'une intervention armée la semaine dernière en déployant une "force en attente", elle a répété sa préférence pour privilégier la "voie diplomatique".

Mardi, l'Alliance Sahel, plateforme internationale coordonnant l'aide à la région, s'est dite "particulièrement préoccupée" par les implications du coup d'Etat "sur les populations les plus vulnérables et par les informations relatives à la restriction croissante des droits de l’homme et du citoyen".

L'Alliance Sahel réunit plusieurs pays et institutions internationales comme la France, l'Allemagne ou les Etats-Unis qui ont suspendu leur programmes d'aides au Niger.

SOURCE:AFP
Divers
ONU: le scénario d’une crise mondiale de la faim se "concrétise"
El Niño de retour: risques d'événements climatiques extrêmes à l'échelle mondiale
La Russie rappelle son ambassadeur en Arménie suite au rapprochement avec l'UE
Des Sud-coréens témoignent de tortures et d'agressions sexuelles lors de leur détention par Israël
Sumud: des militants prennent d’assaut le Parlement australien pour exiger des sanctions
Les pèlerins musulmans se rendent au mont Arafat pour le pèlerinage du Hajj
Le monde dénonce le traitement "monstrueux" infligé par Israël aux militants de la flottille
Trump et Netanyahu ont eu un entretien téléphonique "tendu" sur l'Iran, selon les médias israéliens
Israël va poursuivre le NYT pour un article sur des abus sexuels contre des détenus palestiniens
Xi: États-Unis et Chine s'accordent sur des relations "constructives et stratégiquement stables"
L'Australie va se joindre à la mission proposée par Paris et Londres pour sécuriser Ormuz
Washington renforce ses sanctions pour freiner les exportations pétrolières iraniennes vers la Chine
Guerre au Moyen-Orient: le pétrole de nouveau à la hausse
Après sa rencontre avec Rubio, le pape implore Dieu d'inspirer les dirigeants à apaiser les tensions
L'OMS met en garde contre une augmentation probable des cas d'hantavirus
La Chine réclame un arrêt "complet" des hostilités et appelle à l’ouverture du détroit d’Ormuz
Le FMI met en garde contre un scénario "bien pire" si la guerre au Moyen-Orient se prolonge
Les ministres du G7 se retrouvent à Paris
Aliyev accuse le Parlement européen de saboter le processus de paix avec l'Arménie
Tensions au détroit d’Ormuz: le Brent dépasse les 110 dollars