Macron: l'UE "ne doit pas hésiter" à utiliser le mécanisme anti-coercition face aux menaces de Trump

"Nous pourrions être contraints d'utiliser le mécanisme anti-coercition pour la toute première fois, face aux États-Unis, s'ils imposent des droits de douane supplémentaires", a averti le président français.

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56e réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM) à Davos / Reuters

Le président français Emmanuel Macron a affirmé mardi que l'Europe "ne doit pas hésiter" à déployer son mécanisme anti-coercition si les États-Unis mettent à exécution leurs menaces de droits de douane, dans un contexte de tensions concernant le Groenland.

"Le mécanisme anti-coercition est un instrument puissant, et nous ne devons pas hésiter à l'utiliser dans le contexte difficile actuel", a déclaré le chef de l’État au Forum économique mondial de Davos.

Il a souligné que l'UE pourrait être contrainte, pour la première fois, d'activer cet instrument destiné à contrer les intimidations économiques de pays tiers.

"Nous pourrions être contraints d'utiliser le mécanisme anti-coercition pour la toute première fois, face aux États-Unis, s'ils imposent des droits de douane supplémentaires", a-t-il ajouté. "Vous imaginez ? C'est de la folie."

Menaces de Trump

Le président américain Donald Trump a annoncé que Washington imposerait des droits de douane de 10 % sur les marchandises en provenance du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Finlande à compter du 1er février. Ce taux serait porté à 25 % en juin, jusqu'à la conclusion d'un accord pour "l'achat complet et définitif du Groenland".

Les dirigeants européens ont rejeté ces menaces et réaffirmé leur solidarité avec le Danemark.

Emmanuel Macron a également insisté sur la nécessité pour l'Europe de rester calme mais ferme, rejetant la "loi du plus fort" dans les relations économiques internationales.

"Utiliser les droits de douane comme moyen de pression sur la souveraineté territoriale est fondamentalement inacceptable", a déploré le président français, ajoutant que l'Europe devait se protéger contre "l'agressivité inutile et l'imprévisibilité".

Il a également estimé que les accords commerciaux américains visaient à "affaiblir et à subordonner" l'Europe, tout en mettant en garde contre les effets délétères des guerres commerciales et de l'escalade protectionniste, qui ne produisent que des perdants. Il a néanmoins appelé à une coopération plus étroite entre l'Europe et les États-Unis pour remédier aux déséquilibres économiques avec la Chine.

Le mécanisme anti-coercition, adopté par l'UE en 2023, permet au bloc de prendre des mesures de rétorsion contre les pays qui utilisent des restrictions commerciales ou d'investissement à des fins de pression politique sur les États membres.