AFRIQUE
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Sénégal: démission du président de l'Assemblée, Ousmane Sonko en pole position pour le perchoir
Le président de l'Assemblée nationale du Sénégal a démissionné, 48 heures après le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko. Ce dernier pourrait reprendre son mandat de député, suspendu lors de son entrée au gouvernement, et conquérir le perchoir.
Sénégal: démission du président de l'Assemblée, Ousmane Sonko en pole position pour le perchoir
El Malick Ndiaye, le président démissionnaire de l'Assemblée nationale du Sénégal. / Others

Qu’est-ce qui se passe au Sénégal ? Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye, a annoncé dimanche sa démission. Les raisons exactes de cette démission demeurent inconnues même s’il parle de "choix personnel". Dans un contexte de fortes tensions politiques, cette démission intervient 48 heures après la décision présidentielle de limoger Ousmane Sonko de la primature. Un épisode qui ravive les spéculations sur un possible retour de ce dernier à l’Assemblée nationale. Son mandat de député avait été suspendu lors de son entrée au gouvernement.

"Cette décision procède d'un choix personnel, guidé avant tout par ma conception des institutions, de la responsabilité publique et de l'intérêt supérieur de la Nation", a indiqué sur son compte Facebook El Malick Ndiaye, proche de l'ex-Premier ministre, sans donner plus de précisions sur les raisons de son départ.

El Malick Ndiaye, fidèle entre les fidèles de Sonko, avait été élu président de la 15e législature du Sénégal au lendemain de la large victoire de leur parti, le Pastef, avec 130 sièges sur 165 en novembre 2024.

Sa démission ouvre la voie à l'élection au perchoir de Sonko, leader du Pastef, largement majoritaire au Parlement.

Les députés sont convoqués en séance plénière mardi à 9 heures (heure locale et GMT) afin de voter la "réintégration du député Ousmane Sonko" et d'élire le prochain président de l'Assemblée nationale, selon un document officiel publié dimanche soir.

Vendredi, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s'était séparé de son Premier ministre et ancien compagnon de lutte après des mois de tensions entre les deux hommes, arrivés au pouvoir en avril 2024 à la faveur d'un immense espoir populaire.

Avec une rhétorique panafricaniste, Sonko avait suscité un engouement passionné parmi la jeunesse désabusée du Sénégal, après des mois de bras de fer avec le pouvoir de Macky Sall, président de 2012 à 2024, qui avait réprimé des manifestations contre lui et contre la possibilité qu'il brigue un troisième mandat.

À peine sorti de prison à la faveur d'une loi d'amnistie en mars 2024, le tandem avait alors fait campagne sur le slogan "Diomaye Moy Sonko", soit "Diomaye c'est Sonko" en wolof

Rupture

Depuis, les signes de dissension se sont multipliés sur la place publique jusqu'à la rupture consommée vendredi soir.

Les tensions ont commencé à émerger en juillet 2025 lorsque le Premier ministre s'en était vivement pris au président Faye, fustigeant un "problème d'autorité" dans le pays.

Début mai, le président avait critiqué la "personnalisation excessive" de son Premier ministre au sein du parti au pouvoir.

"Tant qu'il reste Premier ministre, c'est parce qu'il bénéficie de ma confiance", avait-il déclaré dans une interview télévisée.

Quelques heures avant son limogeage, le Premier ministre avait critiqué Faye lors d'une intervention à l'Assemblée nationale, à propos du contrôle et de la transparence des fonds politiques, des sommes d'argent dont l'utilisation se fait à la discrétion du président.

Par ailleurs, Sonko critiquait régulièrement la lenteur des poursuites contre d'anciens responsables sous l'ex-président Sall, qu'il accuse de corruption.

Se pose désormais la question de la capacité du président à gouverner et à faire passer des réformes dans le pays, qui fait face à de graves difficultés économiques.

Signe de l'assise populaire du leader du Pastef, vendredi soir, des centaines de militants ont convergé vers le domicile dakarois de Sonko, donnant à son limogeage des allures de victoire.

Le président doit désormais nommer un Premier ministre, qui doit être approuvé par les députés au plus tard trois mois après sa nomination. Toutefois, il ne pourra pas dissoudre l'Assemblée nationale avant le mois de novembre, soit deux ans après l'élection de cette législature.

Lire aussi: Sénégal: le président met fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko

SOURCE:TRT français et agences