L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal élu à l'Académie française
L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu à l'Académie française, près de trois mois après être sorti de prison en Algérie.
Boualem Sansal vient de rejoindre, à 81 ans, le cercle fermé des "immortels" - surnom donné aux académiciens -, qui sont actuellement 35, cinq sièges étant vacants. Parmi eux figurent la philosophe Sylviane Agacinski, l'écrivain franco-libanais Amin Maalouf, l'écrivain Erik Orsenna - ancienne plume du président François Mitterrand -, le médecin, écrivain et diplomate Jean-Christophe Rufin, ou encore la romancière et essayiste Chantal Thomas.
Il succède ainsi à l'historien Jean-Denis Bredin, décédé en 2021, en obtenant 25 voix sur 26 votants, selon l'institution.
L'écrivain, qui a obtenu la nationalité française en 2024, a eu un avant-goût de la Coupole le 4 décembre lorsqu'il a été honoré par l'Académie, qui lui a remis le prix mondial Cino del Duca trois semaines après sa libération d’Algérie, le 12 novembre.
Boualem Sansal a été arrêté le 16 novembre 2024 à son arrivée à Alger en provenance de Paris, avant d'être emprisonné pendant un an. Condamné à cinq ans de prison, accusé d'"atteinte à l'unité nationale" à la suite de déclarations faites en octobre 2024 au média français d'extrême droite Frontières sur l'Algérie et le Maroc, il a été gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.
Boualem Sansal est l'auteur d'une trentaine de romans, recueils de nouvelles et essais depuis 1999.
Il a reçu le grand prix du roman de l'Académie française en 2015 pour "2084. La fin du monde" (Gallimard), inspiré du chef-d'œuvre de George Orwell "1984", ex æquo avec l'écrivain franco-tunisien Hédi Kaddour.
Boualem Sansal est également l'auteur de "Rue Darwin", du "Village de l'allemand" et de "Vivre".
En octobre, il est entré à l'Académie royale belge.
Fondée en 1635 par Richelieu, le principal ministre du roi Louis XIII, l'Académie française a comme mission de "donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences". Elle rédige un dictionnaire et se prononce sur des règles orthographiques.
Pour être élu, un candidat doit recueillir la majorité absolue des suffrages. Trois, voire quatre tours de scrutin peuvent être nécessaires. Au-delà, les académiciens décident de poursuivre le vote ou de l'abandonner.
Une fois élu, le nouvel "immortel" est intronisé lors d'une cérémonie à huis clos au cours de laquelle il reçoit un habit vert brodé de rameaux d'olivier et une épée.