POLITIQUE
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Gaza, une fosse à ciel ouvert: 8 000 corps toujours piégés sous les décombres
Plus de 8 000 Palestiniens restent portés disparus sous près de 68 millions de tonnes de débris, alors que les opérations de déblaiement stagnent, faute d’équipements et sous la menace de nouvelles frappes.
Gaza, une fosse à ciel ouvert: 8 000 corps toujours piégés sous les décombres
Destruction massive dans la bande de Gaza / Reuters

Après plus de six mois après un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, censé faire taire les armes, la bande de Gaza demeure un immense cimetière à ciel ouvert, encore largement non cartographié.

Selon la Défense civile de Gaza et un récent rapport du quotidien israélien Haaretz, au moins 8 000 personnes seraient toujours ensevelies sous les ruines de leurs habitations.

Malgré la trêve, la reconstruction reste quasi inexistante: moins de 1% des 68 millions de tonnes de gravats ont été déblayés à ce jour. L’ampleur de la destruction est vertigineuse.

Une évaluation conjointe menée par l’Organisation des Nations unies, la Banque mondiale et l’Union européenne estime que le seul déblaiement des décombres coûtera plus de 1,7 milliard de dollars. Le responsable du Programme des Nations unies pour le développement, Alexander De Croo, a affirmé qu’au rythme actuel, il faudrait au moins sept ans pour dégager l’enclave.

Ce défi logistique est aggravé par la présence massive de munitions non explosées et par la réalité tragique de milliers de corps en décomposition.

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“Paperasserie et immobilisme”

Pour les familles gazaouies, l’attente dépasse largement le cadre administratif. Les équipes de la Défense civile continuent de recevoir des milliers d’appels de proches qui connaissent parfois précisément l’emplacement des dépouilles de leurs proches.

Mais le manque d’engins lourds et d’équipements spécialisés bloque les opérations dans certaines des zones les plus sinistrées, notamment dans les quartiers de Shujaiyeh et de Tuffah, dans la ville de Gaza.

Dans de nombreux cas, les corps se trouvent au-delà de la “ligne jaune”, des zones toujours sous contrôle direct de l’armée israélienne. Les familles se voient alors contraintes de passer par des organisations internationales comme le Comité international de la Croix-Rouge ou l’ONU pour obtenir une autorisation d’accès — une procédure souvent longue et incertaine.

Un cessez-le-feu fragilisé

Cette lenteur dans les opérations de récupération intervient alors que le cessez-le-feu d’octobre 2025 est régulièrement fragilisé par des violations quotidiennes. Selon le ministère de la Santé de Gaza, 828 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, portant le bilan total à plus de 72 000 morts après deux années de guerre.

Cette insécurité persistante dissuade les équipes de secours d’intensifier leurs opérations, les sites de la Défense civile et les ambulances restant exposés à de potentielles attaques.

Même lorsque les opérations de récupération sont possibles, elles suscitent des controverses. À Rafah, des familles ont récemment manifesté contre certaines entreprises, accusées de collaborer avec les autorités israéliennes pour déblayer des terrains destinés à la construction, sans l’accord des proches des victimes.

 

SOURCE:Agences