Washington quitte l’OMS: Tedros dénonce des “contre-vérités”
Le retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé est officiellement entré en vigueur jeudi, à l’issue du délai réglementaire d’un an.
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a vivement contesté les raisons avancées par les États-Unis pour justifier leur retrait de l’agence onusienne.
Dans un message publié sur la plateforme X, il a estimé que les arguments invoqués par Washington sont “inexacts” et a averti que cette décision risque de rendre les États-Unis, comme le reste du monde, “moins en sécurité” face aux menaces sanitaires.
Cette prise de position intervient alors que le départ américain, annoncé un an plus tôt, devient effectif à l’issue du délai réglementaire prévu pour ce type de procédure. Un retrait aux conséquences potentiellement majeures, tant sur le plan diplomatique que sanitaire, dans un contexte où les crises épidémiques et les tensions autour de la gouvernance mondiale de la santé restent vives.
Tedros réfute les critiques américaines
Selon Tedros, les reproches formulés par les États-Unis, en particulier sur la gestion de la pandémie de Covid-19, ne reflètent pas la réalité du travail mené par l’OMS. Le dirigeant de l’agence rappelle que l’organisation agit sur mandat de ses États membres et qu’elle s’efforce de coopérer avec chacun d’eux, “en bonne foi”, tout en respectant leur souveraineté.
Les autorités américaines ont notamment évoqué des accusations de biais politique, ainsi qu’un manque de transparence dans le fonctionnement de l’institution. Des critiques que Tedros rejette, insistant sur le fait que l’OMS demeure un cadre central de coordination et d’alerte face aux risques sanitaires mondiaux, et non un acteur partisan.
Dans une déclaration officielle, l’OMS a rappelé le rôle historique des États-Unis au sein de l’organisation. Membre fondateur, Washington a longtemps été un acteur majeur des campagnes internationales de santé publique, contribuant à des avancées décisives contre des maladies telles que la variole ou la polio.
Au-delà de la dimension symbolique, ce retrait pourrait aussi fragiliser certaines capacités opérationnelles de l’agence, notamment en matière de financement, de surveillance épidémiologique et de réponse d’urgence. Tedros estime qu’en se retirant, les États-Unis s’exposent à un affaiblissement de leur propre protection, dans un monde où les virus et les crises sanitaires ne connaissent pas de frontières.
L’OMS prépare la suite
L’organisation a confirmé qu’elle examinerait les conséquences de cette décision lors de prochaines réunions de son Conseil exécutif et de l’Assemblée mondiale de la Santé. L’objectif est d’évaluer l’impact concret du départ américain et d’envisager les ajustements nécessaires, alors que l’OMS continue de plaider pour une coopération renforcée entre États, notamment pour anticiper de futures pandémies.
Pour Tedros, l’enjeu dépasse la relation entre Washington et l’agence onusienne. Il s’agit d’un choix politique qui pourrait peser durablement sur l’équilibre de la santé mondiale. “La sécurité sanitaire collective”, martèle-t-il, repose sur une coordination internationale que ce retrait risque de mettre à l’épreuve.