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Manifestation de soutien à Ceuta: des milliers d’Espagnols pointent du doigt le gouvernement
Mercredi, jour de la fête officielle de Ceuta, enclave espagnole située en Afrique du Nord, des milliers de personnes ont défilé dans tout le pays pour dénoncer l’arrivée massive de migrants fin juillet.
Manifestation de soutien à Ceuta: des milliers d’Espagnols pointent du doigt le gouvernement
50 000 personnes ont défilé à Madrid en soutien à l'enclave de Ceuta

La droite espagnole a transformé cette journée en critique de la politique migratoire du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez.
Au lendemain de manifestations importantes en soutien à Ceuta, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a appelé jeudi le roi Felipe VI a se rendre à Melilla et Ceuta "dans les prochaines semaines", les deux enclaves espagnols situées en Afrique.

Selon le chef du gouvernement, après la crise provoquée par un afflux de migrants fin juillet à Ceuta, cette visite permettrait de confirmer "l’engagement absolu de l’État" à défendre ces deux territoires.

La dernière visite d'un souverain espagnol dans ces deux territoires situés en Afrique du Nord remonte à novembre 2007. Elle avait alors entraîné une crise diplomatique avec le Maroc, qui revendique sa souveraineté sur ces deux enclaves.

Le gouvernement socialiste critiqué par les manifestants

Les événements de Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord, en juillet dernier ont déclenché une crise politique durable en Espagne. Un mois après les événements, les manifestants ont scandé hier des slogans qui expriment le ras-le-bol de la population de Ceuta, qui est l’une des portes d’entrée vers l’Europe.

"Envahisseurs, expulsion" ou "Ceuta n'est pas à vendre, Ceuta se défend", les manifestants brandissaient aussi de nombreux drapeaux espagnols. Sur une pancarte, un message directement adressé au gouvernement de Pedro Sanchez : "Ceuta ne lâche jamais. C'est le gouvernement central qui lâche".

"Je veux défendre ma terre, défendre ma ville, là où je suis née, où j'ai grandi, et surtout je veux que l'on nous écoute" sur la péninsule, explique à l'AFP Miriam Delgado, 32 ans, vendeuse.

"Je suis fille de mère musulmane, mon père est chrétien, ici nous avons toujours vécu ensemble. La plus belle chose que possède notre terre, en plus d'être espagnole, c'est sa multiculturalité et le fait que nous nous entendons tous très bien", assure-t-elle.

Des manifestations ont également eu lieu hier dans de nombreuses autres villes d'Espagne, en solidarité avec Ceuta, mais aussi à l'appel de partis d'opposition de droite ou d'extrême droite, qui surfent sur la crise provoquée par l’arrivée massive de migrants fin juillet à Ceuta après une fausse rumeur de légalisation massive.

En filigrane, durant ces défilés, les manifestants ont dénoncé la gestion de la crise par le gouvernement socialiste.

Ceuta, une aubaine pour la droite espagnole

L’organisateur officiel des manifestations de mercredi à Madrid et dans plus de 200 autres villes et communes était la Fédération espagnole des municipalités et des provinces, une organisation apolitique, mais les appels à manifester ont été soutenus par la droite espagnole.

Le Parti populaire (PP), principale formation de droite en Espagne, appelait à manifester, assurant vouloir défendre les habitants de Ceuta. Le parti d'extrême droite VOX a, lui, dénoncé "l’inertie" du gouvernement socialiste et réclamé l'expulsion immédiate vers le Maroc des migrants restés sur place.

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Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez assure tout mettre en œuvre pour soutenir Ceuta. Il a promis cette semaine d’agrandir les centres d'hébergement pour faire sortir de la rue les migrants qui sont toujours présents à Ceuta. Les autorités de Madrid ont aussi annoncé débloquer 300 millions d’euros pour aider l’enclave espagnole, pour soutenir les entreprises locales et améliorer les services publics.

Le ministre espagnol de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, a affirmé à la Radio nationale espagnole que ces manifestations avaient une motivation politique. "Ce n’est pas pour soutenir la ville de Ceuta ou ses habitants ; c’est pour attaquer le gouvernement espagnol", a dit Angel Torres.

Le Maroc hors de cause

Plus de 70 000 migrants sont entrés illégalement, à pied ou à la nage, les 30 et 31 juillet à Ceuta. Un afflux qui a fait des dizaines de morts et de disparus. La plupart sont repartis après avoir compris que la rumeur d’une légalisation à grande échelle était fausse.

Il resterait aujourd’hui sur place 5 000 migrants selon le gouvernement espagnol (10 000 selon les autorités de Ceuta) qui ont peu de chance de se voir attribuer des papiers de résidence. Ceuta compte 80 000 habitants pour un petit territoire de 18,5 km2.

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Le journal conservateur espagnol a aggravé la crise en accusant hier le Maroc d’avoir orchestré cette vague de passage à Ceuta. El Español assurait qu’un document interne de la police espagnole était arrivé à cette conclusion. Selon lui, les enquêteurs du Centre national de l’immigration et des frontières (Cenif) avaient enquêté et constaté un "déploiement policier sensiblement plus réduit que d’ordinaire aux abords de la frontière", au moment où se tenait la Fête du Trône à Rincón/M’Diq, non loin.

Ce rapport concluait à la "totale permissivité" de la réponse des policiers marocains, qui n’auraient pas sérieusement tenté "de réduire, disperser ou éloigner la masse de personnes du périmètre frontalier".

Le ministère de l'Intérieur espagnol a très officiellement demandé la communication de ce rapport ; il semble qu’il n’existe pas.

Cette guerre de communication entre la droite et la gauche espagnoles révèle la crise que traverse le pays.

Le gouvernement de Pedro Sanchez assure depuis un mois que le royaume du Maroc n’est pas responsable de cette traversée en masse de migrants.

Le Premier ministre Pedro Sanchez assure soupçonner Israël qui souhaiterait ainsi punir Madrid pour son soutien à la cause espagnole et ce qu’il qualifie d’"internationale d'ultradroite" d'avoir joué un rôle central dans la crise en diffusant de fausses informations sur les réseaux sociaux.

SOURCE:TRT français et agences