FRANCE
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17 octobre: début d'une journée test pour la convergence des "colères" en France
Quelques actions éparses recensées samedi matin en France avant des manifestations d'ampleur attendues dans la journée: lycéens, agriculteurs, militants du climat et anciens gilets jaunes se réunissent dans un mouvement rassemblant leur "colère".
17 octobre: début d'une journée test pour la convergence des "colères" en France
Quelque 1.500 actions, manifestations ou blocages, étaient annoncées samedi dans toute la France

Le souvenir du mouvement social des gilets jaunes en 2018-19, qui avait débuté pour protester contre la hausse des taxes sur les carburants, est dans tous les esprits. Les images des violences en marge des manifestations, notamment sur les Champs-Élysées, avaient fait le tour du monde.

L'appel à faire renaître ce mouvement qui avait marqué le premier mandat d'Emmanuel Macron et à descendre dans la rue, bloquer des ronds-points et des points stratégiques pour protester contre la "vie chère" a rencontré la protestation des lycéens et étudiants réclamant de meilleures conditions d'études.

Samedi matin, plusieurs opérations annoncées sur un site internet dédié n'ont pas eu lieu, comme au péage du pont de l'Île de Ré sur la côte Atlantique et à Bordeaux. A Rennes, en Bretagne, une vingtaine de personnes ont installé un barrage filtrant, avec des poubelles et des grosses palettes, aux abords d'un grand centre commercial.

Christophe, un artisan menuisier de 47 ans et ancien gilet jaune, dit avoir été blessé lors des manifestations de 2018 par un tir de lanceur de balle de défense (LBD), arme dont l'usage par les forces de l'ordre est fréquemment controversé. "Aujourd'hui, on en arrive à une répression sur nos propres enfants", s'indigne-t-il auprès de l'AFP.

Rassemblement dispersé

À Paris, une centaine de manifestants s'en sont pris au siège de la télévision CNews, détenue par le groupe du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, jetant des projectiles contre les vitres, a indiqué la préfecture de police, selon qui 21 personnes ont été interpellées. 

Quarante autres l'ont été "essentiellement pour port de protections ou d'armes prohibées" dans la capitale, où des arrêtés d'interdiction de manifester dans de larges secteurs ont été pris, selon elle.

A Lyon, une quarantaine de personnes ont tenté de bloquer la circulation sur un pont tandis que d'autres tentaient de se rassembler à proximité d'une raffinerie selon la préfecture, alors qu'à Marseille le grand boulevard du Prado a été momentanément bloqué par des poubelles et des trottinettes, mais les manifestants ont été rapidement dispersés par les policiers.

"On est là pour protester contre des moyens déplorables qui sont donnés à l'éducation et contre les violences policières. La jeunesse, elle, dit +on a un message: on veut juste être éduqués dans de bonnes conditions+", confie Aude, étudiante, un masque sur le visage.

L'ampleur de la mobilisation pour le reste de la journée reste difficile à anticiper, au premier jour des vacances scolaires et alors que les syndicats ont appelé les salariés du public et du privé à manifester et faire grève le 5 novembre, notamment pour les salaires et les services publics. 

Dans la deuxième économie de la zone euro, surendettée et sous étroite surveillance des marchés financiers, cette éventuelle "convergence des luttes" intervient sur fond de fortes tensions sociales, alimentées par la flambée des carburants et par une baisse du pouvoir d'achat.

Quelque 1.500 actions, manifestations ou blocages, étaient annoncées samedi dans toute la France sur le site internet dédié. L'entourage du ministre de l'Intérieur a évoqué environ 500 actions "envisagées" et plus de 90 projets de manifestations.

Appel au calme

Le président Emmanuel Macron a lancé vendredi, depuis Bruxelles, un appel "au calme", en estimant que le "droit de manifester" doit s'accompagner du "respect" sans "insulter" ni "casser".

"Des débordements sont anticipés dans les cortèges notamment parisiens et dans les grandes villes", a prévenu l'entourage du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. 

Selon une source policière, quelque 150.000 manifestants sont attendus hors agglomération parisienne et autour de 40.000 à Paris.

"Quoi qu'il advienne le 17, c'est pas en une journée qu'on va régler le problème, il faut se faire entendre beaucoup plus longtemps", a exhorté mardi, depuis le cortège parisien des lycéens, Jérôme Rodrigues, figure médiatique des gilets jaunes, éborgné lors d'une manifestation en janvier 2019 à Paris.

SOURCE:TRT français et agences