Sans surprise, après le retrait de la loi Yadan de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale jeudi 16 avril, la très sioniste Aurore Bergé, ministre déléguée à la lutte contre les discriminations, annonce qu’elle portera un projet de loi contre les "formes contemporaines de l’antisémitisme", basé sur le texte de Caroline Yadan.
Elle a organisé une conférence de presse ce vendredi matin en ce sens.
Aurore Bergé va prendre langue avec les chefs de groupes parlementaires pour "entendre leurs propositions", en vue du projet de loi gouvernemental sur l’antisémitisme, soulignant vouloir un "travail transpartisan".
Le rendez-vous est donc pris en juin prochain pour les soutiens et ceux qui contestent la loi Yadan.
Mais en l’état, les réactions politiques sont presque de l’ordre du soulagement dans le marigot politique après le retrait du texte in extremis ce jeudi par les macronistes.
Caroline Yadan avait perdu le soutien d’une partie des centristes, le MoDem avait exprimé des doutes sur le texte et annoncé ne pas le soutenir, et même certains macronistes envisageaient de ne pas soutenir le texte.
Si l’auteur de la proposition de loi accuse LFI et son "obstruction" d’être à la source de ce retrait, c’est bien un manque de majorité claire qui a déclenché le retrait.
Après ce retrait, Boris Vallaud, député socialiste, se veut fataliste : "le retrait de la loi Yadan était inéluctable. Une mauvaise proposition ne pouvait pas faire une bonne loi. Les socialistes avaient alerté sur ses limites et problèmes."
Caroline Yadan crie victoire malgré tout
La France Insoumise a crié "Victoire", comme Thomas Portes, député LFI : "C’est la victoire d’une immense mobilisation populaire et d’une bataille de tranchée menée au sein de l’hémicycle par les députés insoumis. Le combat continue."
Mathilde Panot, cheffe des députés LFI, parle d’"enterrement de première classe", ajoutant que son groupe ne participerait pas aux travaux que le gouvernement veut lancer sur la nouvelle mouture du texte.
Mais le projet va revenir sous une autre forme, un travail avec tous les partis politiques qui le souhaitent sera lancé, a promis le gouvernement. Va-t-il réussir à agréger assez de soutiens autour d’un texte qui a été critiqué par les juristes, les défenseurs des droits de l’homme, des responsables des Nations Unies, justement parce qu’il restreint la liberté d’expression ?
Le projet de Caroline Yadan prévoyait d’étendre le champ du délit de provocation et d’apologie du terrorisme, y ajoutant la notion d’implicite, ce qui est forcément très subjectif et ouvert à de multiples interprétations. Elle voulait également créer un nouveau délit réprimant les appels à la destruction d’un État.
Caroline Yadan, élue de la circonscription des Français de l’étranger incluant Israël, reste, elle, convaincue du bien-fondé de son projet, elle se réjouit du retrait pour faire bonne figure et crie aussi "victoire". "LFI a tout perdu : en voulant obstruer pour empêcher l’examen de ma PPL, ils n’ont fait que renforcer notre détermination et la portée de ce texte qui aura désormais force de projet de loi gouvernemental", a-t-elle écrit sur ses réseaux sociaux.
Sur CNews, la chaîne d’information d’extrême droite, Gilles-William Goldnadel, avocat, a regretté que "la France Insoumise, qui est un parti à la fois antisémite et antisioniste, a gagné", ajoutant cependant qu’il était pour la liberté d’expression sans restriction, ne soutenant pas ainsi la démarche de Caroline Yadan.









