L'ONU favorable à une action  contre la profanation des symboles religieux
Le haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, M. Volker Turk, a souligné que de tels actes, qui portent atteinte aux croyances et à la foi de millions de personnes, frappent au cœur leur identité et leurs valeurs.
Coran brûlé à Stockholm: huit blessés lors d'une manifestation à Bagdad / Photo: AFP (AFP)

M. Turk a appelé à une action immédiate contre la profanation croissante des lieux et symboles religieux dans le monde.

"La résolution 53/1 du Conseil des droits de l'homme note avec une profonde inquiétude l'augmentation des incidents de profanation de lieux de culte et de symboles religieux à travers le monde, appelant à une action immédiate pour y remédier", a déclaré Volker Turk, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, dans un discours sur les motivations, les causes profondes et les répercussions sur les droits de l'homme de la haine religieuse lors du Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève, jeudi.

Il a souligné que les autodafés du Coran persistaient dans certains pays depuis le débat d'urgence du Conseil en juillet.

"Je tiens à souligner une fois de plus que je rejette fermement ces actes irrespectueux et offensants, en particulier ceux qui ont clairement pour but de provoquer la violence et d'attiser les divisions".

Il a souligné que de tels actes, qui touchent profondément des millions d'individus, portent atteinte au cœur même de leur identité et de leurs valeurs.

Pour résoudre ce problème, M. Turk a indiqué qu'un vaste processus de consultation serait mis en place avec les États et les parties prenantes.

Il a ajouté : "J'espère que ce processus permettra aux pays d'adopter des cadres juridiques et répressifs ainsi que des politiques solides pour lutter contre le fléau de la haine religieuse, conformément au droit international des droits de l'homme, et d'agir rapidement pour garantir l'obligation de rendre des comptes".

Le chef des droits de l'homme des Nations unies a également déclaré qu'il comptait approfondir l’examen de ces questions lors des deux prochaines sessions du Conseil, y compris lors de la présentation du rapport de son bureau en juin prochain.

Les lacunes dans les politiques nationales et les cadres juridiques permettent à la haine et à la discrimination de franchir les limites, a déploré M. Turk.

"Les États membres peuvent et doivent faire plus", a-t-il insisté, car les incendies de Coran et autres incidents de haine religieuse dans le monde démontrent que la lutte contre les causes profondes et les moteurs de la haine exige "beaucoup plus".

M. Turk a souligné que pour vaincre la haine religieuse, il faudra un "contrat social renouvelé fondé sur la confiance et le respect".

Propager la haine religieuse

Le représentant permanent de la Turquie auprès de l'Office des Nations unies à Genève, M. Guven Begec, a réitéré la condamnation "ferme" d'Ankara contre les profanations continuelles du Coran en dépit des obligations découlant du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, de la résolution 53/1 et de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme.

M. Begec a pris la parole lors de la même session, au cours de laquelle de nombreux pays ont fait part de leur point de vue sur la haine religieuse.

"La liberté d'expression ne devrait pas permettre à des racistes convaincus de brûler des livres saints, de répandre la haine religieuse, d'inciter à la discrimination, à l'hostilité et à la violence, y compris devant les ambassades", a-t-il déclaré.

"Dans le même ordre d'idées, nous condamnons fermement les attaques ignobles contre les symboles nationaux et religieux.

Il a exhorté tous les pays concernés à respecter leurs obligations en vertu du droit international des droits de l'homme, à prendre les mesures nécessaires à l'encontre des auteurs de ces actes et à empêcher que ne se reproduisent des incidents qui divisent, polarisent et troublent la paix sociale.

AA