Ligue arabe: la réintégration de la Syrie ne signifie pas la reprise de relation avec tous les pays
L’événement que constitue le retour de la Syrie dans le sein de la Ligue est une démarche dont l’objectif est de faciliter le processus de résolution de la crise dans ce pays, selon le secrétaire général de la Ligue.
Ligue arabe: Le retour de la Syrie ne signifie pas la reprise de ses relations avec tous les pays (Others)

Le secrétaire général de la Ligue des États arabes, M. Ahmed Aboul Gheit, a déclaré jeudi, dans une interview accordée à la chaîne saoudienne "Al-Arabiya", que la décision de mettre fin au gel du siège de la Syrie "ne signifie pas la reprise des relations de cette dernière avec tous les pays membres".

A la suite d'une mobilisation arabe menée par l'Arabie Saoudite, l'Egypte et la Jordanie, la Ligue a annoncé, le 7 mai, la fin du gel du siège de Damas qui a duré environ 12 ans, sur fond de répression militaire des protestations populaires réclamant une restitution pacifique du pouvoir. La Ligue a souligné "la nécessité de résoudre la crise syrienne étape par étape".

M.Aboul Gheit a expliqué que "la décision du retour de la Syrie au giron arabe ne signifie pas la reprise de ses relations avec tous les pays arabes, c'est à chaque pays d'en décider selon sa propre perspective".

Quelques jours après que Doha eut affirmé son attachement à sa position de boycott du régime syrien, le ministre qatari des Affaires étrangères, le Cheikh Mohammed bin Abdul Rahman Al Thani, a déclaré mercredi que son pays ne voulait pas "s'écarter du consensus sur le retour de la Syrie dans la Ligue”... signalant que “chaque pays a sa propre décision."

Le sommet de Djeddah vendredi témoigne du retour de la Syrie en tant que membre à part entière de la Ligue. La Syrie a accepté que son retour dans la Ligue arabe s'inscrive dans le cadre de la solution à sa crise", a assuré M. Aboul Gheit.

Lundi, une délégation du régime syrien est arrivée à Djeddah pour participer aux réunions préparatoires du sommet.

M. Aboul Gheit a évoqué les affrontements en cours au Soudan, depuis la mi-avril, entre l'armée dirigée par Abdel Fattah al-Burhan et les forces paramilitaires de soutien rapide dirigées par Mohamed Hamdan Dogolo (Hemidti).

Il a appelé "toutes les parties au Soudan à respecter les institutions de l'Etat" et déclaré qu'"il ne devrait y avoir aucun partenaire autre que l’institution militaire qui puisse être muni d’armes ", soulignant que "la Ligue ne soutient pas un parti au détriment de l'autre".

Jeudi, les affrontements au Soudan ont fait 832 morts parmi les civils et 3 329 blessés, selon le Syndicat des médecins soudanais, dans le cadre d'une crise humanitaire aiguë dans l'un des pays les plus pauvres du monde.

AA