Israël: Des mesures de soutien aux PME pour pallier les effets de la Guerre contre Gaza
La Banque centrale d’Israël a décidé d’ouvrir une ligne de crédits à de faibles taux pour aider les PME affectées par la guerre à Gaza. Cette initiative vient couronner une série de mesures adoptées pour empêcher l’effondrement de l’économie.
Amir Yaron,  gouverneur de la Banque centrale d’Israël  / Photo: Reuters (Reuters)

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Depuis un mois, la Banque centrale d’Israël est très active pour protéger l’économie nationale, confrontée aux conséquences négatives de la guerre. La dernière initiative en date est le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) qui constituent l’essentiel du tissu économique du pays.La Banque centrale d’Israël a lancé lundi, un programme destiné à aider les petites et moyennes entreprises (PME) à survivre pendant la guerre en cours contre le Hamas, lequel consiste en l’octroi de crédits et des prêts à faible taux d’intérêt.Dans le cadre de ce programme, “la Banque centrale accordera aux banques israéliennes des prêts monétaires d’un montant maximal de 10 milliards de shekels (2 609 514 800 dollars) pour une période de deux ans, au taux d’intérêt de la Banque d’Israël, qui est de 4,75 % moins 1,5 point de pourcentage. Le programme permettra aux banques locales d’accorder des prêts aux PME touchées par la guerre à des taux d’intérêt inférieurs d’environ 3,25 %, malgré le risque inhérent à l’octroi de crédits à ces entreprises pendant cette période difficile”, a déclaré la Banque d’Israël.

Protéger les PME

“Cette initiative vise à protéger les petites entreprises au bord de la faillite et à les aider à survivre à la période difficile de la guerre jusqu’à ce que leurs opérations reprennent leur pleine activité. Il sera accordé jusqu’à la fin du mois de janvier 2024”, nous renseigne The Times of Israël.

Ce programme, d’après le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, participe d'un « train » de mesures prises par cette institution bancaire, pour venir au secours des PME menacées par les conséquences d’une guerre qui gagne en intensité plus de trente jours après son déclenchement.

“Nous continuerons à répondre aux diverses problématiques économiques soulevées par la guerre et à utiliser les divers outils à notre disposition si nécessaire “, a déclaré Amir Yaron.

Depuis le début de la guerre d’Israël contre les Palestiniens, la Banque centrale a pris, en outre, des décisions pour soutenir les prêts à la consommation et le remboursement des crédits immobiliers.

En ce qui concerne les PME spécifiquement, les propriétaires bénéficient aussi du gel du remboursement des crédits pendant trois, tout comme ils sont dispensés des taux d’intérêts et autres frais.

Outre la Banque centrale, l’État a aussi pris des mesures pour soutenir les PME, commerçants et autres travailleurs indépendants. Ils vont bénéficier d'un report du règlement des charges sociales et de la TVA. Les entreprises riveraines de la bande de Gaza ainsi que de la frontière libanaise, seront indemnisées en priorité avec des subsides prélevés sur un fonds spécial de compensation.

La sollicitude des autorités pour cette catégorie d’entreprises s’explique par le fait que le tissu économique d’Israël s’appuie sur les PME.

“Les petites et moyennes entreprises (PME) constituent l'écrasante majorité des entreprises en Israël. En 2016, il y avait 541722 entreprises en Israël et 99,5% d'entre elles étaient des PME qui employaient jusqu'à cent travailleurs chacune”, précise le Programme pour une croissance inclusive piloté par l’Union européenne.

La mobilisation de 350 000 réservistes prive beaucoup de PME de main-d'œuvre et a des retombées sur leur productivité.

Du coup, les experts s’attendent à des lendemains difficiles pour l’économie.

“La guerre sera coûteuse, nous allons devoir faire face à de fortes dépenses dont nous ne connaissons pas encore l'ampleur, le déficit va se creuser et les revenus fiscaux vont immanquablement reculer”, avertit Yogev Gradus, le directeur de l’économie, cité par le quotidien Les Echos. Il prédit notamment que le déficit budgétaire devrait se creuser cette année de 7 à 8 %, du fait de la guerre.


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