France / Urgences pédiatriques: plus de 4 000 soignants interpellent le chef d'État
Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, les soignants en pédiatrie dénoncent l'état catastrophique des urgences pédiatriques de l'Hexagone, "qui met quotidiennement en danger" la vie des enfants.
France / Urgences pédiatriques: plus de 4 000 soignants interpellent le chef d'État (AFP)

Plus de 4 000 soignants en pédiatrie ont interpellé le Président français, vendredi, dans une lettre ouverte publiée par Le Parisien.

Dénonçant l'état catastrophique des urgences pédiatriques dans l'Hexagone, ils ont appelé Emmanuel Macron à agir sans tarder.

"Après 2 semaines seulement d’épidémies hivernales, habituelles et prévisibles, les services de réanimations pédiatriques partout en France sont saturés, les services d’hospitalisation débordent, les soins dits non urgents sont reportés et plus de 15 enfants parisiens ont été transférés hors région, à Reims, Rouen, Amiens, Orléans, alors que leur situation médicale était critique", soulignent, tout d'abord, les 4 418 signataires de la tribune.

Déplorant une prise en charge insuffisante et inadaptée des enfants, les soignants signataires de la tribune dénoncent "la dégradation criante des soins apportés aux enfants qui les met quotidiennement en danger."

Afin d'illustrer la situation, ils font notamment état "de sortie prématurée d’hospitalisation sur un enfant encore fragile pour libérer une précieuse place qui accueillera un autre enfant” dont le cas est devenu plus urgent et plus grave.

Les soignants dénoncent également "les directives qui nous demandent, pour raison « de sécurité », de limiter le nombre d’adolescents suicidaires accueillis en pédiatrie, en les renvoyant chez eux à leur désespoir et à celui de leurs parents".

Les signataires rappellent que des familles se retrouvent contraintes de gérer elles-mêmes des situations d’urgence à domicile ou encore de réaliser seules les soins nécessaires à leur enfant, et que des enfants se retrouvent accueillis dans des hôtels à proximité de l'hôpital pour subir les soins nécessaires, faute de lits dans les hôpitaux.

"Monsieur le Président, la pédiatrie ne paraît plus être une priorité, pourtant ces enfants sont l’avenir. Les dirigeants actuels et passés ont fermé les yeux sur l’abandon de l’hôpital public et des services de pédiatrie. Ils sont désormais responsables des conséquences sur la santé des enfants", soulignent les soignants signataires de cette lettre.

Ils demandent, par ailleurs, au chef d'État de mieux évaluer "la lourdeur des soins qui [leur] incombent", d'adapter "les ratios de patients par binôme infirmier/aide-soignant" ou encore de réévaluer "les salaires et les modalités d'exercice en prenant en compte le niveau d'étude".

AA