France: le gouvernement entend défendre son projet de loi sanitaire
Le ministre français de la Santé, François Braun, a regretté mercredi qu'une "alliance de circonstances" ait conduit l'Assemblée nationale à rejeter dans la nuit une partie du projet de loi sanitaire visant à lutter contre la pandémie de coronavirus.
France: le gouvernement entend défendre son projet de loi sanitaire (AFP)

Les députés du Rassemblement national (RN, extrême droite), des Républicains (LR, droite) et de l'alliance de gauche Nupes menée par La France insoumise (LFI, extrême gauche) ont rejeté deux des quatre articles du projet de loi, et notamment refusé au gouvernement la possibilité d'imposer le pass sanitaire aux frontières en cas d'émergence d'un nouveau variant du COVID-19, une des mesures phares du texte.

Ce vote intervenu en milieu de nuit a mis en évidence les difficultés politiques auxquelles le président Emmanuel Macron va être confronté pendant son second mandat après avoir perdu la majorité absolue à l'Assemblée nationale lors des législatives du mois dernier.

"L'heure est grave", a réagi la Première ministre Elisabeth Borne sur Twitter. "En s'alliant pour voter contre les mesures de protection des Français face au Covid, LFI, les LR et le RN empêchent tout contrôle aux frontières face au virus. Passée l'incrédulité sur ce vote, je me battrai pour que l'esprit de responsabilité l'emporte au Sénat."

Son ministre de la Santé, François Braun, dont c'était le baptême du feu à l'Assemblée nationale, a dit lui aussi se tourner vers la chambre haute du Parlement, où le camp présidentiel ne dispose pas non plus de la majorité, pour tenter de faire adopter le texte.

"Je vais continuer à me battre, à convaincre, dès cet après-midi au Sénat (...) qu'il faut défendre ces dispositions, (...) garder cette possibilité de protéger les Français", a-t-il déclaré sur RTL.

Rappelant que le risque d'émergence d'un variant dangereux du COVID-19 n'est pas écarté, l'ancien médecin urgentiste s'est dit surpris que face à ce qu'il a présenté comme "le choix de la responsabilité collective et individuelle", il ait entendu dans l'Hémicycle des propos "qui n'ont rien à voir avec la santé".

Reuters