France: aggravation alarmante de la pauvreté
La situation économique des Français ne cesse de se détériorer. Dans son dernier baromètre, le Secours populaire lance un cri d'alarme du fait que 35 % des Français reconnaissent ne plus être en mesure de se permettre trois repas par jour.
Une affiche avec le portrait de l'humoriste français Coluche est visible dans un centre de distribution alimentaire "Les Restos Du Coeur" à Nice, France. (Others)

"La situation financière des Français continue d'empirer cette année", a alerté mercredi le Secours populaire français, qui a lancé sa campagne "Pauvreté-Précarité". D'après leur enquête, près d'un Français sur cinq (18 %) vit désormais à découvert.

Les chiffres montrent également que 43 % des personnes interrogées ne peuvent plus se permettre de consommer quotidiennement des fruits et légumes. Une étude du Crédoc révèle que la moitié de ceux qui "ne mangent pas toujours à leur faim" ont dû réduire leurs portions ou sauter des repas au cours de la dernière année.

En France, deux indicateurs de l'Insee permettent de mesurer la pauvreté. Le seuil de pauvreté monétaire, fixé à 60 % du revenu médian (environ 1 125 euros mensuels pour une personne seule en 2020), touche environ 9,2 millions de personnes en France métropolitaine, soit 14,6 % de la population.

Un autre indicateur de l'Insee se concentre sur les "privations" sociales et matérielles, comme l'incapacité de posséder deux paires de chaussures, de se chauffer convenablement ou de partir en vacances une semaine par an. En début d'année 2022, 14 % de la population était dans cette situation, marquant le niveau le plus élevé depuis la création de cet indicateur en 2013, en grande partie en raison de l'augmentation des prix de l'énergie.

Ces difficultés financières touchent divers aspects de la vie quotidienne des Français, notamment dans le secteur de la santé, où près de la moitié (45 %) se trouvent dans l'incapacité d’acquitter certains actes médicaux.

Les associations d’aide dans le rouge

Les associations caritatives sonnent l'alarme face à cette situation préoccupante. Les Restos du Coeur, emblématique association française d'aide aux plus démunis, ont dû réduire le nombre de bénéficiaires de leur aide alimentaire cet hiver. La cause en revient à une hausse significative de la demande et des coûts de fonctionnement en augmentation qui s’expliquent par l'inflation.

Les Restos du Coeur, qui assurent 35% de l'aide alimentaire en France, disposent d'un budget de fonctionnement d'environ 200 millions d'euros par an. Des ressources qui proviennent de donateurs particuliers, d'entreprises ainsi que d'aides publiques de l'Etat et de l'Union européenne.

D'autres associations, comme la Croix-Rouge et le Secours populaire, affrontent aussi des difficultés financières. La Croix-Rouge française a également lancé un appel à l'aide : l'association se dit confrontée à des difficultés financières, à cause d'une forte hausse de ses coûts de fonctionnement et d'un afflux de demandes d'aide.

TRT Français et agences