Visite de Blinken: la solution de deux Etats face au scepticisme  des Israéliens et Palestiniens
Un tiers seulement des Palestiniens et des Israéliens croient encore aujourd’hui en la solution de deux Etats, selon un sondage de Reuters
Visite du Secrétaire d'Etat américain en Cisjordanie occupée/ Photo: AFP (AFP)

Israéliens et Palestiniens semblent pour le moins être d’accord sur un sujet, leur scepticisme à l’égard des appels renouvelés du chef de la diplomatie américaine Antony Blinken pour la solution de deux Etats.

Lors de son premier voyage dans la région après le retour au pouvoir du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et dans une conjoncture marquée par une grande tension, Blinken a promu à nouveau "le rêve" qui tarde à voir le jour de deux États israélien et palestinien vivant côte à côte comme le meilleur garant de la paix.

Un récent sondage publié par Reuters suggère qu'un tiers seulement des Palestiniens et des Israéliens croient encore aujourd’hui en la solution de deux Etats.

Selon le sondage, les deux parties reprochent aux États-Unis de ne pas fournir plus d’efforts.

Des espoirs de plus en plus faibles

Blinken a déclaré, lors de sa rencontre avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas qu'il voyait que les espoirs des Palestiniens s'amenuisaient.

Il a également exhorté les Israéliens et les Palestiniens à prendre des mesures pour désamorcer la "violence" qui s'est emparée de la région ces derniers jours, tout en reconnaissant que sa rencontre avec le président Abbas à Ramallah intervient dans une "conjoncture difficile".

La violence a atteint son paroxysme la semaine dernière lorsque l'armée israélienne a mené un raid dans la ville de Jénine en Cisjordanie, tuant 10 Palestiniens.

Le chef de la diplomatie américaine a également condamné les actions qui, selon lui, compromettaient l’objectif d’avoir deux États vivant côte à côte, notamment l'expansion des colonies israéliennes, les démolitions de maisons et les expulsions de Palestiniens.

Un nouveau financement américain pour l’UNRWA

Pendant son séjour à Ramallah, Blinken a annoncé un nouveau financement de 50 millions de dollars pour l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

L’administration Biden a repris depuis son élection l’aide américaine suspendue par l’ancien président Donald Trump à cette agence qui fournit une assistance alimentaire et des services essentiels aux réfugiés palestiniens enregistrés et à leurs descendants.

En outre, Blinken a déclaré que l'administration Biden "continuerait à travailler" sur la réouverture du consulat américain à Jérusalem, mais a refusé de préciser un délai. Le consulat a longtemps servi d'ambassade américaine de facto pour les Palestiniens jusqu'à sa fermeture par Trump en 2019. Cette réouverture était, d’ailleurs, une des promesses électorales de l’administration actuelle.

Reproches palestiniens

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a, pour sa part, accusé Israël de saper la solution à deux États et a reproché à la communauté internationale "de ne pas avoir su faire cesser l'occupation israélienne et mettre fin à son régime de colonisation".

"Le gouvernement israélien est responsable de ce qui se passe aujourd'hui, en raison de ses pratiques qui sapent la solution à deux États et violent les accords conclus, et en raison de l'absence d'efforts internationaux pour faire cesser l'occupation, mettre fin à la colonisation et permettre la reconnaissance de l'État palestinien et son adhésion de plein droit aux Nations unies", a-t-il accusé.

Abbas a ajouté qu’il" y a également une opposition aux efforts des Palestiniens visant à défendre leur existence et leurs droits légitimes au sein des instances et des tribunaux internationaux et à assurer une protection internationale à notre peuple", faisant remarquer que cette politique "encourage l'occupant israélien à commettre davantage de crimes et qu'elle viole le droit international".

Le mois le plus meurtrier en Cisjordanie

Le ministère palestinien de la Santé a affirmé que le mois de janvier 2023 a été le mois le plus sanglant en Cisjordanie depuis 2015.

Le ministère a indiqué que "35 personnes ont été tuées jusqu'au 30 janvier, dont 8 enfants et une femme âgée, sous les tirs de l'armée d'occupation israélienne et des colons".

TRT Français et agences