Présence française: Macron attend des "clarifications" sur les déclarations du Burkina Faso
Le président français Emmanuel Macron a déclaré dimanche attendre des "clarifications" de la part du Burkina Faso au sujet de l'appel lancé par le gouvernement de ce pays d'Afrique de l'Ouest en faveur d'un départ des troupes françaises.
Présence française: Macron attend des "clarifications" sur les déclarations du Burkina Faso / Photo: Reuters (Reuters)

L'agence d'information du Burkina Faso (AIB) a révélé, citant des sources officielles, que le gouvernement burkinabé a pris la décision de dénoncer l’accord qui régit, depuis 2018, la présence des Forces armées françaises sur son territoire et leur a donné un mois pour quitter le pays.

"J'attends que le président de transition Traoré puisse s'exprimer", a déclaré Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse avec le chancelier allemand Olaf Scholz à l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand à Paris.

"J'ai compris que les messages qui étaient sortis à ce stade relevaient d'une grande confusion, celui-ci (Ibrahim Traoré-NDLR) étant en déplacement hors de la capitale", a poursuivi le président français.

"Je pense qu'il faut garder beaucoup de prudence et veiller à ce qui est une spécialité de certains dans la région, qui peuvent avoir partie liée au demeurant avec (...) nos amis russes, ne fassent pas de manipulation, donc nous attendons des clarifications de la part de M. Traoré sur ce sujet."

La France soupçonne la Russie, via le groupe paramilitaire Wagner, de vouloir imposer sa présence au Burkina Faso et dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest comme le Mali.

Le Burkina Faso, où l'armée française est déployée dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes au Sahel, a connu à l'automne dernier un deuxième coup d'Etat en moins d'un an et il est désormais dirigé par un gouvernement de transition avec à sa tête le capitaine Ibrahim Traoré.

Depuis le coup d’Etat du 30 septembre 2022, le deuxième en huit mois au Burkina Faso, les relations diplomatiques entre Paris et Ouagadougou, déjà affectées par la montée d’un sentiment anti-français en Afrique, n’ont cessé de se dégrader.

Les emprises diplomatiques françaises ont notamment été prises pour cible par des manifestants hostiles à la France après le coup d’Etat tandis qu’en décembre dernier, le gouvernement burkinabè a décidé, la suspension jusqu’à nouvel ordre, de la diffusion des programmes de Radio France Internationale (RFI), accusant le média de "manquements".

Agences