France : la bataille du second tour des législatives est lancée
Les deux forces arrivées en tête du premier tour des élections législatives, Ensemble et Nouvelle union populaire écologique et sociale, ont lancé la bataille du second tour dont l'issue sera décisive pour la suite du quinquennat d'Emmanuel Macron.
Le taux d'abstention record laisse espérer au camp du président réélu une majorité à l'Assemblée nationale (AFP)

Les projections au sortir du scrutin marqué par une abstention record de l'ordre de 52% laissent espérer au camp du président réélu une majorité à l'Assemblée nationale pour appliquer ses réformes. Mais la majorité absolue, c'est-à-dire 289 sièges sur 577, est loin d'être acquise.

"On est plutôt bien placés et on va se battre", a lancé sur RTL la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire, elle-même candidate à Paris.

"La campagne n'est pas finie, n'en déplaise à M. Mélenchon", a-t-elle ajouté à l'adresse du chef de file de La France insoumise, initiateur de l'alliance "Nupes".

Lors d'une rencontre avec des journalistes devant le siège parisien de son parti, ce dernier s'est déclaré "assez confiant".

"Déferlez, c'est le moment ! C’est maintenant que vous avez le plein pouvoir de tout changer et vous avez bien commencé hier soir", a ajouté Jean-Luc Mélenchon.

Après avoir appelé dimanche à donner au camp présidentiel une "majorité forte et claire", la Première ministre Elisabeth Borne est repartie en campagne dans le Calvados, où elle affronte un candidat de la Nupes.

Devant la presse, elle a martelé la consigne à suivre en cas de duel entre la Nupes et le Rassemblement national, sujet qui a donné lieu à quelque cacophonie dans le camp présidentiel dimanche soir.

"Aucune voix pour le Front national", a dit la cheffe de la majorité. Pas de soutien non plus aux "candidats qui ne respectent pas les valeurs républicaines, qui insultent les policiers, qui appellent à ne pas soutenir l'Ukraine, qui appellent à sortir de l'Europe".

"Nous n'appelons pas à voter pour eux", a-t-elle insisté, prenant pour cible le programme de La France insoumise.

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, Ensemble est arrivé en tête avec environ 21.000 voix d'avance sur la Nupes (25,75% des voix contre 25,66%), un comptage contesté par le camp de Jean-Luc Mélenchon et qui s'explique en partie par le fait que l'accord de la Nupes passé entre La France insoumise, le Parti socialiste, le Parti communiste et les écologistes n'englobe pas l'outre-mer.

L'Insoumis Manuel Bompard, bien placé pour l'emporter à Marseille dans la circonscription de Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une "nouvelle manipulation" de la majorité.

Reuters