Turquie, Le coup d’Etat manqué de 2016
Débats

Turquie, Le coup d’Etat manqué de 2016

Dr Charles Saint-Prot
Dr Charles Saint-Prot
15 juil. 2022
Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, une tentative de coup d’Etat financée par le chef de l’organisation terroriste FETO, Fetullah Gülen, qui vit aux Etats-Unis, a eu lieu en Turquie.

Cet individu, né en 1941, avait fait l’objet de nombreuses demandes d’extradition à Barack Obama, alors président des Etats-Unis (avec Biden comme vice-président).
La Turquie a connu plusieurs putschs en 1960,1971, 1980, 1997 et 2016. Mais c’est la première fois qu’un coup d’Etat a échoué. Le peuple turc s’est mobilisé autour du gouvernement pour résister à ce coup d’État fomenté par le mouvement terroriste de Fetullah Gülen.
L’alliance du peuple et du président Erdogan
Le peule s’est donc réuni d’une façon déterminante autour du président Erdogan, démontrant l’alliance du peuple et du président, d’une part, et la lassitude des Turcs de se voir voler leur choix démocratique, d’autre part. Ce fut donc une réaction exceptionnelle du peuple turc qui a refusé l’aventure et la tentative de déstabilisation du pays qui aurait suivi l’instabilité politique. Ce fut la preuve que le peuple turc a bien compris l’enjeu et veut en finir avec l’ère des coups d’Etat.
Il doit être souligné que le président Recep Tayyip Erdoğan, démocratiquement élu, et le peuple sont des alliés dans la lutte contre le terrorisme et les coups d'État. Il est clair qu’il y a des gens qui veulent pousser la Turquie vers la crise politique et économique, faisant fi des réelles aspirations populaires et du fait que la Turquie, qui a repris son nom de Türkiye au lieu du terme anglais de Turkey, est un pilier indispensable de l’OTAN et un acteur stratégique de premier plan.
Décidemment les Obama et Merkel hier, Biden et Macron aujourd’hui sont aveugles et se soucient comme d’une guigne des véritables intérêts des peuples, au nom d’un Occident rabougri et donneur de leçons. Le but insidieux de la tentative de coup d'État du 15-16 juillet 2016 étaient de nuire aux intérêts politiques et économiques de la Turquie et le meneur de FETO, Gülen, s’est fait le complice et l'agent des personnes qui ne sont pas satisfaites du nationalisme turc.
Il est temps que certains pays clarifient leur position
Si des pays occidentaux condamnent à tout bout de champ les coups d'État dans d'autres pays, ils sont restés singulièrement silencieux sur la tentative de putsch contre la Turquie. Il est insupportable de voir une partie de l'Occident agir selon son humeur et sa pensée politique. Cela discrédite complètement l'Occident. Par exemple, les Etats-Unis de Biden, la France et l'Allemagne ont une politique discutable
envers Gülen. Ils ne condamnent pas ses activités et ses actions, pas plus qu'ils
ne condamnent sa tentative de coup d'État.
Les pays occidentaux ne peuvent pas continuer à soutenir les terroristes,
comme Gülen ou le PKK, en disant qu'ils combattent le terrorisme. Aujourd'hui,
nous devons être solidaires d'un État qui lutte clairement et courageusement
contre le terrorisme. Or, la Turquie lutte contre le terrorisme à l'étranger et chez
elle. Le caractère terroriste de l'organisation Gülen ne peut être nié. L'utilisation
d’éléments des forces armées, de la police et de la fonction publique contre un
gouvernement légal, légitime et démocratiquement élu est une politique à courte
vue et dans ces conditions, il est temps que certains pays occidentaux clarifient
leur position.

TRT Francais