Yémen: les Houthis menacent de viser directement les navires pétroliers / Photo: Reuters (Reuters)

Les Houthis du Yémen ont déclaré, mardi, qu'ils allaient désormais passer des frappes d'avertissement contre les navires pétroliers dans les ports contrôlés par le gouvernement officiel, à des attaques directes visant ces mêmes navires.

Le chef du gouvernement Houthi (non reconnu), Abdulaziz bin Habtoor, a déclaré : "Si un accord n'est pas conclu avec nous pour transférer les sommes (revenus pétroliers) à la banque centrale de Sanaa, il n'y aura d'autre alternative que le fer et le feu", selon un communiqué diffusé par la chaîne "Al Masirah TV" appartenant au groupe.

"A l’avenir, nous ne préviendrons pas les navires, mais nous les frapperons directement (...) Le monde doit savoir que nous ne laisserons pas notre peuple mourir de faim pendant qu'ils se servent des richesses du Yémen", a-t-il mis en garde.

Bin Habtoor a indiqué que son groupe "exerce son droit à défendre les richesses du peuple yéménite, alors que les partisans de la coalition (entendre le gouvernement légitime du Yémen) volent l'argent du peuple."

Jusqu'à 14h00 GMT, le gouvernement yéménite n'a pas commenté la déclaration de Bin Habtoor.

Lundi soir, le gouvernement a annoncé dans un communiqué qu'un drone Houthi chargé d'explosifs avait attaqué le port d'Al-Dhaba, dans le gouvernorat de Hadramout (est), la deuxième attaque de ce type en un mois.

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a déclaré, pour sa part, dans un communiqué, que les forces de son groupe avaient intercepté un navire pétrolier et l'avaient forcé à s'éloigner du port d'Al-Dhaba après que celui-ci eut tenté de charger du pétrole brut.

Un responsable local de Hadramout a déclaré à l'Agence Anadolu que l'attaque des Houthis contre le port avait interrompu l'exportation d'environ deux millions de barils de pétrole brut.

L'attaque a eu lieu au moment où les Nations unies s'efforcent de prolonger la trêve qui a pris fin le 2 octobre, alors que le gouvernement et les Houthis s'accusent mutuellement d'être responsables de l'échec de cette prolongation.

Le Yémen est en proie à une guerre qui oppose, depuis 8 ans, les forces loyales au gouvernement légitime, soutenues par une coalition militaire arabe conduite par l'Arabie saoudite voisine, et les Houthis, soutenus par l'Iran, qui contrôlent plusieurs gouvernorats dont Sanaa (nord), depuis septembre 2014.

À la fin de 2021, la guerre avait fait 377 000 morts, tandis que l'économie du Yémen avait perdu 126 milliards de dollars, dans l'une des pires crises humanitaires et économiques au monde, selon les Nations unies.

AA