Dommages après le bombardement dans la ville de Hebbariyeh au sud-Liban, le 27 mars 2024. / Photo: AA (AA)

Au moins 11 personnes ont été blessées, samedi soir, dans une frappe aérienne israélienne visant une maison dans le sud du Liban. Plus tôt dans la journée, l’agence de presse libanaise a rapporté que des avions militaires israéliens avaient mené deux raids à l’aube sur les villes de Kafr Shuba et Shebaa, dans le district de Hasbaiyya, tuant un civil et détruisant deux maisons.

En réaction, le Hezbollah a déclaré, ce dimanche, avoir frappé une colonie israélienne dans la région frontalière avec des dizaines de missiles. L'attaque a été menée en réponse aux offensives israéliennes contre des villages et des habitations civiles dans le sud du Liban, notamment Qao uzah, Markabta et Srobbine.

Depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, le Hezbollah, qui dit intervenir en soutien au mouvement de résistance palestinien Hamas, échange quotidiennement avec Israël des tirs à la frontière libano-israélienne.

Au fil des semaines, la tension est montée d’un cran, Israël ciblant le territoire libanais de plus en plus en profondeur et le Hezbollah menant des raids plus complexes contre des positions militaires israéliennes dans le nord du pays.

Le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, doit s'entretenir, ce dimanche à Beyrouth, avec les principaux responsables libanais pour tenter de désamorcer la tension entre le Hezbollah et Israël et éviter un conflit de grande ampleur.

Dès janvier, la France avait soumis au Liban et à Israël une initiative pour désamorcer le conflit à leur frontière commune.

Une source diplomatique citée par l’AFP a indiqué que M. Séjourné est arrivé samedi soir au Liban pour "poursuivre les efforts" visant "à éviter une guerre", dans un contexte de "très forte augmentation des tensions depuis l'attaque iranienne contre Israël".

La source ajoute que le volume d'échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah a été "multiplié par deux" depuis les 13 et 14 avril.

M. Séjourné entamera sa tournée en visitant le quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Après avoir rencontré les responsables libanais, il tiendra une conférence de presse en début de soirée.

En mars, Beyrouth avait remis à Paris sa réponse à l'initiative française qui, selon une autre source diplomatique, portait sur l'application de la résolution 1701 de l'ONU. Celle-ci stipule le déploiement seul de l'armée libanaise et des Casques bleus de l'ONU dans le sud du Liban.

Les attaques israéliennes se poursuivent

Au moins 32 Palestiniens supplémentaires ont été tués et 69 blessés au cours des dernières 24 heures alors qu'Israël poursuit son attaque contre la bande de Gaza assiégée, selon le ministère de la Santé du territoire.

Plus de 34 388 Palestiniens ont été tués, pour la plupart des femmes et des enfants, et 77 437 blessés depuis le 7 octobre, selon les autorités sanitaires palestiniennes.

Les Brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont publié, samedi, une vidéo dans laquelle deux otages étaient détenus à Rafah. Ils exigeaient du gouvernement israélien qu’il conclue un accord pour garantir leur libération.

Dans la vidéo, l’un des otages, Omri Miran, décrit "une situation difficile" en raison de "nombreux bombardements" israéliens sur la bande de Gaza. Il appelle sa famille à faire pression sur le gouvernement pour qu'il parvienne à un accord avec le Hamas permettant la libération des otages.

Suite à cette vidéo, des milliers de manifestants israéliens sont sortis, samedi soir, dans de nombreuses villes pour exiger un accord d'échange de prisonniers et des élections anticipées pour remplacer le gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine discutent depuis samedi, pour mettre fin à la guerre israélienne sur la bande de Gaza et garantir la libération des prisonniers palestiniens détenus à Tel-Aviv.

Dans les efforts entrepris pour parvenir à une solution à Gaza, l'Arabie saoudite accueille, ce dimanche, une réunion spéciale du Forum économique mondial (WEF), qui devrait être dominée par la guerre à Gaza et les tensions au Moyen-Orient.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, des représentants palestiniens et de hauts diplomates impliqués dans les efforts visant à mettre fin à la guerre, figurent sur la liste des participants.


TRT Français et agences