Les rebelles du M23 se sont emparé de vastes localités dans la province du Nord-Kivu / Photo: AFP (AFP)

Les rebelles du M23, censés amorcer le 28 février courant un retrait de leurs positions selon un nouvel échéancier des chefs d’Etat de l’Afrique de l’Est, se sont emparés dimanche, de la cité stratégique de Rubaya où les minerais stannifères sont exploités en quantités industrielles dans l’Est de la République démocratique du Congo.

La cité au cœur des collines dans le territoire de Masisi “est tombée aux mains des rebelles dans l’après-midi au terme de deux jours d’intenses combats”, a déclaré à Anadolu Meschak Malikidogo, chef local d’une coopérative minière.

“Les forces gouvernementales ont raccroché vu le nombre important des rebelles”, a-t-il ajouté.

Les troupes ont “fait un repli stratégique pour éviter un bain de sang”, s’est défendu un haut gradé de forces armées de la RDC accusant les rebelles d’avoir bénéficié des troupes venues fraîchement du Rwanda.

“La prise aujourd'hui par le M23-Rwanda du site minier de Rubaya prouve que la motivation des agresseurs est aussi économique. Après la prise de Bunagana, l'ennemi se renforce un peu plus”, a déclaré le député national, Juvenal Munubo, alertant sur l’urgence “de tout mettre en œuvre pour extirper (l’ennemi) du territoire national”.

Rubaya tombe 48 heures après la prise d’une autre cité importante donnant accès sur plusieurs villes de la province du Nord-Kivu.

Neutralisée en 2013 par les forces gouvernementales et les Casques bleus, la rébellion du M23 a repris les armes fin 2021.

Elle s'est emparée de vastes localités dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi dans la province du Nord-Kivu qui fait face à un conflit armé depuis trois décennies comme toutes les provinces de l’Est congolais.

Le gouvernement congolais accuse le Rwanda de soutenir le M23, mais Kigali s'en défend, accusant pour sa part l’armée congolaise de collusion avec les rebelles Hutu rwandais FDLR accusés de génocide (1994) au Rwanda.

Réunis le 17 février pour un sommet, les chefs d’Etat d'Afrique de l'Est ont adopté un nouveau calendrier, prévoyant un “retrait de tous les groupes armés” d'ici le 30 mars.

La Communauté des États d'Afrique centrale (CEEAC) a condamné le M23, samedi lors d’un sommet, sans pointer du doigt la responsabilité de Kigali.

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a demandé des sanctions contre le Rwanda.

AA