Niger: la France ne reconnaît pas l’expulsion de son ambassadeur à Niamey (Others)

Paris assure avoir "pris connaissance de la demande" mais juge que les "putschistes n'ont pas autorité pour faire cette demande, l'agrément de l'ambassadeur émanant des seules autorités légitimes nigériennes élues".

Cette réaction intervient quelques heures après la diffusion, par le pouvoir militaire, d’un communiqué de presse indiquant que l’ambassadeur de France au Niger dispose de 48 heures pour quitter le pays.

La décision intervenait "en réaction à la note (…) adressée à l'ancienne ambassadrice du Niger par la ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, au refus de l'ambassadeur de France à Niamey de répondre à l'invitation du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l'extérieur, pour un entretien le vendredi 25 Août 2023 à 10h30, et d'autres agissements du gouvernement français" qualifiés de "contraires aux intérêts du Niger".

Le 4 août dernier déjà, la France avait rejeté la légitimité de la décision du CNSP (conseil national pour la sauvegarde de la patrie) de rompre "les accords de coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense" conclus entre la France et le Niger.

Le Quai d’Orsay considérait que "le cadre juridique de sa coopération avec le Niger en matière de défense repose sur des accords conclus avec les autorités nigériennes légitimes" et qu’elles "sont les seules que la France, comme l’ensemble de la communauté internationale, reconnaît".

Il s’agit ici d’un nouveau pas franchi concernant les tensions diplomatiques déjà intenses entre Paris et le pouvoir militaire en place depuis le coup d’Etat du 26 juillet.

Dans la foulée, le CNSP avait accusé la France de vouloir intervenir militairement pour libérer le président nigérien, Mohamed Bazoum, toujours détenu et assurait que "la France, avec la complicité de certains Nigériens, a tenu une réunion à l’Etat-major de la garde nationale du Niger pour obtenir des autorisations politiques et militaires nécessaires".

Face aux risques, Air France a suspendu ses liaisons entre Niamey et Paris jusqu’à nouvel ordre pour des questions d’ordre sécuritaire.

À noter que depuis le début des événements, la France a toujours réclamé le retour du président Bazoum au pouvoir et soutenu les décisions de la CEDEAO pour un retour à l’ordre constitutionnel.

AA