Manifestations d'agriculteurs en Europe / Photo: AFP (AFP)

Une "ligne rouge a été franchie" avec cette "tentative d’intrusion", qui a été "rapidement déjouée" par les forces de l’ordre, a déclaré le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, lors d’une conférence de presse.

Les 91 personnes interpellées "vont être placées en garde à vue", a poursuivi M. Nuñez. Un précédent bilan du parquet de Créteil faisait état de 79 personnes en garde à vue "pour dégradation du bien d’autrui en réunion et participation à un groupement formé en vue de la préparation de dégradations de bien".

Des personnes "à pied sont entrées brièvement sur une zone de stockage" du marché en fin d’après-midi et y ont "commis des dégradations", a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) une source policière. Elles ont été "sorties des lieux par les forces de l’ordre", a-t-elle ajouté, précisant que plus personne ne se trouvait à l’intérieur du site. "Nous ne tolérerons aucun trouble à l’ordre public", a assuré M. Nuñez.

Ces interpellations viennent s’ajouter au placement en garde à vue, plus tôt dans la journée du mercredi, de quinze autres personnes, arrêtées près de Rungis (Val-de-Marne). Leur garde à vue a été levée mercredi soir après leur audition, a fait savoir à l’AFP le parquet de Créteil. "Une décision sera prise ultérieurement après examen de la procédure", a ajouté le ministère public.

Mobilisation européenne

Au Sénat, le patron du premier syndicat agricole, la FNSEA, Arnaud Rousseau, a appelé les agriculteurs français "au calme et à la raison", ajoutant qu’il y a "des sujets qui ne se règlent pas en trois jours". Mais, faute de réponses "en profondeur" , le Salon de l’agriculture, à la fin de février, ne sera pas "une visite de santé" pour les politiques, a-t-il prévenu. Son syndicat s’était démarqué de la Coordination rurale en rejetant l’idée d’un "coup de force à Rungis".

Les aides dégagées mercredi par l’exécutif français et les concessions de l’Union européenne (UE) sur les jachères et les importations ukrainiennes ne semblent pas calmer les agriculteurs, également mobilisés en Italie, en Espagne et en Allemagne.

En plus des fonds d’urgence déjà annoncés pour les éleveurs bovins, le bio ou les exploitants touchés par la tempête Ciaran, 80 millions d’euros d’aides seront attribués aux viticulteurs en difficulté, a annoncé le ministre de l’agriculture, Marc Fesneau.

A Bruxelles, dans la soirée, il a appelé la Commission à "simplifier" rapidement les procédures de la politique agricole commune (PAC), réclamant des "choses très concrètes" et promettant des propositions avec d’autres Etats membres.

A la veille du sommet européen prévu jeudi, des agriculteurs français et belges ont bloqué "ensemble" un point de passage à la frontière entre les deux pays, dénonçant "la distorsion de concurrence" entérinée par les accords de libre-échange, et disant attendre "des annonces très fortes".

Agences