Alper Gezeravci, le premier astronaute de Turquie à se rend à la Station spatiale internationale / Photo: AA (AA)

Le tout premier astronaute de Turquie, Alper Gezeravci, se rend à la Station spatiale internationale pour réaliser plus d'une douzaine d'expériences scientifiques au cours des deux semaines qu'il passera en orbite autour de la Terre.

Le colonel Gezeravci participera à la mission avec un groupe de collègues espagnols, italiens et suédois.

L’astronaute turc aura fort à faire pendant les deux semaines que durera sa mission à bord de la station spatiale, puisqu'il mènera 13 expériences scientifiques différentes pour le compte d'universités et de centres scientifiques de Turquie.

A la pointe de la recherche scientifique

La première expérience de Gezeravci a été développée par le Centre de recherche de Marmara, relevant du Conseil de la recherche scientifique et technologique de Turquie (Tubitak), basé dans le nord-ouest de la Turquie, afin d'étudier la production à haute température d'alliages à haute résistance.

La seconde expérience développée par le centre de Marmara, l'expérience gMETAL, étudiera les effets de la gravité sur la création d'un mélange homogène entre des particules solides et un milieu fluide dans des conditions excluant toute réaction chimique.

Une expérience développée par l'université Bogazici de Turquie avec le centre de Marmara vise à réaliser dans des conditions d'apesanteur, des tests de croissance et d'endurance d'espèces de microalgues adaptées aux environnements terrestres difficiles, afin d'examiner leurs changements métaboliques, de déterminer leurs performances en matière de capture du dioxyde de carbone et leurs capacités de production d'oxygène, et de développer un mécanisme de préservation.

Le projet Extremophyte, développé par l'université d'Ege dans la ville égéenne d'Izmir, en Turquie, vise à révéler le transcriptome par séquençage de nouvelle génération de plantes cultivées dans l'espace et sur terre qui sont exposées au stress salin, ainsi que de comparer certaines réponses physiologiques et moléculaires de plantes glycophytes et halophytes au stress salin en microgravité.

Gezeravci, sera le premier astronaute turc à aller dans l'espace/AA

L'expérience Metabolom de l'université d'Ankara, dans la capitale turque, vise à explorer les effets négatifs des conditions spatiales sur la santé humaine. Pour limiter ces effets, elle examinera les changements physiologiques et biochimiques dans les expressions génétiques et le métabolisme des astronautes participant à des missions spatiales.

L'expérience Myeloid, développée par l'université Hacettepe d'Ankara, vise à mesurer et à évaluer les conditions de voyage et de séjour dans l'espace, ainsi que les dommages causés par les rayonnements cosmiques auxquels les participants aux missions spatiales sont exposés sur le plan immunologique, au niveau des cellules myéloïdes suppressives.

L'expérience Message, mise au point par l'université Uskudar d'Istanbul à l'aide de méthodes d’édition génomique CRISPR, vise à identifier les gènes dont la fonction n'a pas encore été découverte et à déterminer quelles cellules immunitaires seront directement affectées par la gravité au cours des missions spatiales.

L'expérience Algalspace, développée par l'université technique Yildiz d'Istanbul, permettra de comparer les données de croissance dans l'espace des microalgues de l'Antarctique et des régions tempérées, et de réaliser pour la première fois une étude sur l'utilisation d'algues polaires dans l'espace. Les algues sont étudiées dans l'espace à des fins de régénération de l'oxygène à partir du dioxyde de carbone, d'apport alimentaire supplémentaire, d'amélioration de l'eau et de survie.

L'expérience CRISPR-Gem, également menée par l'université de Yildiz, vise à étudier l'efficacité des techniques d’édition génomique CRISPR en biologie moléculaire sur les plantes dans un environnement de microgravité afin de comprendre et d'améliorer les mécanismes de défense des plantes, qui sont l'ossature des systèmes de survie biorégénératifs destinés à fournir un système durable pour les missions spatiales à long terme, l'un des principaux obstacles à l'avenir de l'humanité dans l'espace.

L'expérience Pranet, préparée par les étudiants du Mus Science and Art Center, permettra d'étudier l'effet de la propolis sur les bactéries dans des environnements de microgravité.

L'expérience VocalCORD, menée par l'université Halic d'Istanbul, tentera de détecter les perturbations physiologiques du système respiratoire à partir des changements de fréquence de la voix, avec l'aide de l'intelligence artificielle d'une montre électronique, et d'étudier les effets de l'apesanteur sur la voix humaine.

L'expérience sur la saturation en oxygène de l'université Nisantasi d'Istanbul vise à identifier les différences et les troubles causés par l'apesanteur, en calculant le niveau d'oxygène de l'air ambiant à l'aide de l'intelligence artificielle.

Avec l'expérience Miyoka, de l'Institut de recherche sur les technologies spatiales Tubitak, Gezeravci assemblera des composants sans plomb sur une carte électronique dans la station, puis, de retour sur Terre, les soumettra à un examen détaillé, testant les effets de la microgravité sur le processus de soudure sans plomb.

Des années de préparation

Après l'annonce du programme spatial national par le président Recep Tayyip Erdogan, en 2021, des efforts ont été déployés pour envoyer un citoyen turc dans l'espace.

Les candidatures d'astronautes ont été publiées par l'Agence spatiale turque en mai 2022, et les candidats ont été sélectionnés sur la base de leur travail et de leur expertise dans les domaines de l'ingénierie, de la physique, de la médecine, de l'astronomie et du sport.

En avril dernier, Erdogan a annoncé que Gezeravci serait le tout premier astronaute turc, en dévoilant son nom lors de TEKNOFEST, le principal événement technologique de Turquie.

L'Agence spatiale turque a été créée en 2018 et a annoncé son programme spatial en 2019, ainsi que son intention de lancer une mission spatiale avec équipage.

Ce mardi, le président Erdogan a également souligné l'importance de la mission Ax3, à la fois comme entreprise scientifique et comme source d'inspiration pour les enfants et les jeunes.

Le président turc a exprimé l'espoir que la mission "soit un nouveau départ", ajoutant : "Nous poursuivrons cette mission. Nous viserons toujours plus haut".

AA