Israël fait fi de la décision de la CIJ, craintes pour les civils à Gaza / Photo: AA (AA)

Les attaques israéliennes se focalisent sur Khan Younès, principale ville du sud du territoire assiégé qui est le théâtre, ces derniers jours, de combats acharnés entre l'armée israélienne et le Hamas.

Ces affrontements, doublés de raids aériens israéliens, ont poussé des milliers de personnes à quitter la ville et ont réduit a minima la capacité des deux principaux hôpitaux locaux, Nasser et al-Amal.

Deux hauts responsables israéliens de la sécurité ont déclaré que l'armée avait informé les dirigeants politiques que le groupe de résistance palestinien Hamas avait commencé à rétablir ses capacités et sa gouvernance dans certaines zones de la bande de Gaza, selon les médias.

Le radiodiffuseur public KAN a déclaré que les deux responsables, dont les noms n'ont pas été mentionnés, ont affirmé que le Hamas a commencé à rétablir sa présence dans les zones où l'armée a réduit la sienne.

Selon les informations fournies par l'armée à la direction politique, les municipalités qui étaient sous l'autorité du Hamas ont récemment commencé à fournir des services aux habitants des régions du centre et du nord.

En outre, des comités d'urgence formés par le groupe de résistance palestinien travaillent également aux côtés des municipalités, ont ajouté les responsables.

Dans la nuit, des témoins ont fait état de frappes violentes sur place et le Croissant-Rouge palestinien a dit avoir reçu des morts et traité des blessés à l'hôpital al-Amal.

Quant à l'hôpital Nasser, le plus important de Khan Younès, sa "capacité chirurgicale" est "quasiment inexistante", et les "quelques membres du personnel médical qui sont restés doivent composer avec des stocks de matériel médical très faibles", a déploré Médecins sans frontières (MSF).

"Alors que les combats s'intensifient autour de l'hôpital Nasser (...) des centaines de patients et des membres du personnel de santé ont fui. Il reste actuellement 350 patients et 5.000 personnes déplacées (par les combats) dans l'hôpital", a renchéri sur X Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

"L'hôpital est à court de carburant, de nourriture et de fournitures", a-t-il ajouté appelant à un "cessez-le-feu immédiat".

Décision historique

Saisie par l'Afrique du Sud, la Cour internationale de Justice (CIJ) a appelé vendredi Israël à empêcher tout acte éventuel de "génocide" à Gaza, une accusation jugée "scandaleuse" par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Israël, qui contrôle l'entrée de l'aide internationale dans ce territoire assiégé, doit prendre "des mesures immédiates" pour permettre l'accès à l'aide à Gaza, a déclaré la CIJ, qui ne dispose d'aucun levier pour imposer ses décisions.

Or, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira mercredi pour se pencher sur cette décision, à la demande de l'Algérie qui cherche à lui "donner un effet exécutoire".

La Cour, qui siège à La Haye, n'a cependant pas appelé à un cessez-le-feu à Gaza, où l'armée israélienne mène une offensive militaire depuis le 7 octobre.

Réactions internationales

L'Union européenne a demandé l'application "immédiate" de cette décision, qualifiée de "sans fondement" par Washington, principal allié d'Israël, tandis que la France a souligné que le crime de génocide nécessitait "l'établissement d'une intention".

Le Brésil a également demandé le "respect total et immédiat" de la décision, par la voix de son ministère des Affaires étrangères.

La décision a été saluée par la Turquie, l'Iran, l'Espagne et le Qatar, médiateur qui accueille la direction du Hamas. L'Arabie saoudite a, elle, demandé qu'Israël "rende des comptes" pour ses "violations" du droit international.

Réunion à Paris

Si Israël rejette la décision de la CIJ et s'oppose à la démarche de l'Afrique du Sud devant ce tribunal, il participe à des discussions visant à mettre une "pause" à son opération en échange de la libération des otages.

Le patron de la CIA, le service de renseignement américain, va rencontrer "dans les tout prochains jours à Paris" ses homologues israélien et égyptien, ainsi que le Premier ministre qatari, pour tenter de conclure un accord de trêve entre Israël et le Hamas, a indiqué vendredi à l'AFP une source sécuritaire.

Le président américain Joe Biden a discuté avec l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, des "derniers événements en Israël et à Gaza, y compris des efforts de libération des otages enlevés par le Hamas", a annoncé vendredi la Maison Blanche, tout en laissant entendre qu'aucune annonce "imminente" n'était à prévoir.

TRT Français et agences