France: fin des avantages à vie des anciens ministres
Vingt-quatre policiers et 24 chauffeurs ont été retirés à d’anciens Premiers ministres et ministres de l’Intérieur depuis le 1er janvier, après la suppression des avantages à vie dont ils bénéficiaient, indique Matignon
Cette mesure avait été annoncée dès la mi-septembre par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans un contexte de fortes contraintes budgétaires, dans le but de mettre fin à ces dispositifs accordés sans limitation de durée aux anciens membres de l’exécutif.
Selon Matignon, les anciens ministres concernés, parmi lesquels figurent Jean-Marc Ayrault, François Fillon ou encore Jean-Pierre Raffarin, ont reçu un courrier de Sébastien Lecornu les informant de la fin de cet avantage, a rapporté franceinfo, média public français.
Dans le détail, 11 officiers de sécurité – des policiers – et 11 conducteurs qui étaient au service des anciens Premiers ministres, ont été libérés. Concernant les anciens ministres de l’Intérieur, 13 officiers de sécurité et 13 conducteurs de sécurité ont été retirés, selon les mêmes sources.
“L’objectif poursuivi n’est pas la suppression de toute protection, mais la rationalisation de l’usage des dispositifs existants”, a expliqué le ministère de l’Intérieur. Désormais, après avoir quitté leurs fonctions, les anciens Premiers ministres bénéficient d’un véhicule avec chauffeur pendant dix ans, et non plus de manière illimitée. La protection policière est limitée à trois ans pour les anciens Premiers ministres et à deux ans pour les anciens ministres de l’Intérieur. Au-delà, elle n’est maintenue qu’en cas de menace avérée.
La protection est maintenue en case de menace
Les réseaux sociaux se sont emparés de l’information moquant les réactions de certains anciens ministres concernés par cette mesure. Ainsi, Daniel Vaillant, ministre de l’Intérieur sous Lionel Jospin entre 2000 et 2002, a expliqué sur la radio RTL qu’il n’avait pas conduit depuis 25 ans. Âgé de 76 ans, pas "en bonne santé", dit-il, ses proches lui ont demandé de ne plus reconduire. "Comment je fais, alors ?", s’interroge-t-il. "C’est un changement de vie".
Certains anciens responsables politiques, dont Manuel Valls, Bernard Cazeneuve ou Christophe Castaner, bénéficient actuellement d’une protection en raison de menaces identifiées. Candidat à l’élection présidentielle, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe conserve également un dispositif de sécurité.
La réforme a été annoncée le 15 septembre dernier par Sébastien Lecornu qui, dans une interview accordée à plusieurs titres de la presse régionale, avait estimé que “l’on ne peut pas demander aux Français de faire des efforts si ceux qui sont à la tête de l’État n’en font pas”. Il avait assuré que “la réforme, ce n’est pas toujours “pour les autres”.
Cette réforme est intervenue en plein débat sur le budget 2026 avec les 40 milliards d’économies prévues qui sont contestées par une partie de la classe politique.