Le retrait des États-Unis de l’OMS, un “danger” pour ce pays et pour le reste du monde
Le directeur général de l’OMS déplore le retrait des États-Unis de l’organisation estimant que cet acte est une menace pour la sécurité du monde.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé mardi que la décision de l'administration Trump de se retirer de l'agence onusienne était dangereuse pour les États-Unis comme pour le reste du monde.
Quelques heures seulement après son retour à la Maison Blanche le 20 janvier 2025, le président américain Donald Trump avait signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de l'OMS.
Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré aux journalistes regretter profondément cette décision dont la procédure de retrait, d'une durée d'un an, doit se terminer la semaine prochaine.
Une perte pour tous
"Le retrait de l'OMS est une perte pour les États-Unis, et c'est aussi une perte pour le reste du monde", a-t-il affirmé depuis le siège de l'agence à Genève.
Ce retrait, a-t-il averti, "met en danger la sécurité des États-Unis (...) et celle du reste du monde ; ce n'est donc pas la bonne décision".
Tedros a notamment souligné que "de nombreuses actions menées par l'OMS profitent aux États-Unis (…) notamment en matière de sécurité sanitaire". "C'est pourquoi j'ai dit que les États-Unis ne peuvent pas être en sécurité sans collaborer avec l'OMS", a insisté le directeur de l’agence onusienne qui a espéré l’abandon de cette décision.
Le conseiller juridique principal de l'OMS, Steve Solomon, a déclaré de son côté qu'il était encore difficile de prévoir la date exacte d'un retrait effectif.
Il a expliqué aux journalistes que la Constitution de l'OMS ne comporte pas de clause de retrait, mais que Washington avait pris des dispositions en 1948 se réservant le droit de se retirer, sous certaines conditions.
L'une de ces conditions était le respect d'un préavis d'un an, et la seconde le règlement intégral des cotisations américaines pour l'exercice en cours, a-t-il précisé avant de souligner que les États membres de l'OMS devraient examiner si cette condition est remplie.
Or, actuellement, "les États-Unis sont en retard de paiement pour 2024 et 2025", a-t-il indiqué, sans pour autant préciser le montant de ces arriérés.
À l'heure où les coupes budgétaires drastiques dans l'aide internationale frappent durement les systèmes de santé du monde entier, Tedros Adhanom Ghebreyesus a rappelé que "le financement est essentiel (...) pour que l'OMS puisse pleinement remplir sa mission".
Il a toutefois insisté sur le fait que, lorsqu'il appelle les États-Unis à réintégrer l'OMS, "il ne s'agit pas d'une question d'argent".
"Ce qui compte le plus, c’est la solidarité, la coopération et la préparation du monde entier à toute éventualité, face à un ennemi commun comme un virus, comme la COVID-19", a-t-il argué.
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