Le budget français à pas forcé: deux motions de censure rejetées et un nouveau 49.3
Le Premier ministre français survit à deux motions de censure ce vendredi, la partie recettes du budget 2026 est donc adoptée. Sébastien Lecornu devrait dans la foulée utiliser un nouveau 49.3 pour faire adopter la partie dépenses du budget.
Sa tête tout juste sauvée, le Premier ministre Sébastien Lecornu est remonté à la tribune devant une assemblée vide, seuls trois députés l’ont écouté. Le Premier ministre a alors engagé la responsabilité de son gouvernement sur la seconde partie du budget, la partie dépenses en utilisant le 49.3, cet outil qui permet d’adopter un texte sans le vote des députés.
De nombreux députés ont fait l’économie de cette session parlementaire puisque n’étaient présents que ceux qui votaient la censure. Le bloc gouvernemental n’était même pas présent pour soutenir son Premier ministre Sébastien Lecornu.
Le résultat est sans surprise si ce n’est le bon résultat de la motion de censure déposée par la France Insoumise qui n’a pas atteint la majorité mais recueilli 269 voix. Il lui manquait seulement 19 voix pour faire tomber le gouvernement.
La seconde motion déposée par le Rassemblement national a, elle, été largement repoussée par l'Assemblée nationale. Il a manqué, cette fois, 146 voix pour la faire adopter, puisque seuls 142 députés l'ont votée.
“C’est le budget de personne”
“C’est le budget de tout le monde et personne”, a reconnu le Premier ministre à la tribune de l’Assemblée nationale. Il rappelle que ce budget n'est pas la copie du gouvernement, c’est le résultat de trois mois de discussions et de compromis avec les différents groupes politiques.
Face à un budget qui ne satisfait vraiment aucun parti politique, il y a ceux qui ont assumé le choix de la non-censure cet après-midi. "C'est un budget imparfait parce que c'est le budget de personne. La vraie question aujourd'hui, c'est: est-ce que vous préférez ce budget imparfait ou pas de budget du tout?", a résumé Philipe Juvin, député des Hauts-de-Seine, également rapporteur du budget.
Pour le PS, voter la censure, c'est s'engouffrer dans une "crise politique".
Laurent Baumel, député socialiste d'Indre-et-Loire, s’exprimant au nom de son groupe, appelle à ne pas voter la censure afin d'éviter une "nouvelle crise" budgétaire.
Les motions de censure, une opération communication
Dans le camp de ceux qui ont déposé une motion de censure, le budget est voué aux gémonies, tout en étant conscient que le gouvernement survivrait sans doute à l’opération. On a assisté à un exercice de communication politique ainsi “c'est un Tchernobyl budgétaire”, pour Marine Le Pen, la cheffe de file des députés du Rassemblement national. Tchernobyl pour insinuer que ce budget contient des mesures nocives pour les Français.
Marine Le Pen défend la motion de censure qu'elle a déposée. Elle appelle les députés à la voter. “Quand il n'y a plus de confiance, il n'y a pas d'autre solution que l'arbitrage suprême, celui du peuple”, juge-t-elle.
Pour Eric Coquerel, de la France Insoumise, ce “budget aggrave tout et ne résout rien, il sera mauvais pour le pays”.
Les groupes RN et LFI ont déjà annoncé qu’ils déposeront chacun une nouvelle motion de censure après le 49.3 utilisé pour la partie dépenses du budget. Elles devraient être étudiées en début ou milieu de semaine prochaine.