Municipales en France: la France Insoumise crée la surprise
Lors du premier tour de ces élections municipales, le taux de participation avoisine les 56%, un taux assez bas mais la surprise de la soirée fut les bons résultats de la France Insoumise qui se retrouve dans plusieurs triangulaires.
La France Insoumise ne s’était pas investie dans les élections locales jusqu’à ce scrutin où le parti a présenté des listes séparées sur tout le territoire. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont réussi leur pari et percé.
Ainsi à Lille dans le Nord, LFI arrive en seconde position dans une ville normalement acquise aux socialistes. Le maire socialiste sortant, Arnaud Deslandes, arrive en tête avec 26,4% des suffrages, mais il est suivi de très près par la candidate de La France insoumise Lahouaria Addouche, qui obtient 24,1% des suffrages.
LFI rafle même un ancien bastion communiste en région parisienne. Le candidat insoumis Bally Bagayoko est élu maire au premier tour dans la ville de Saint-Denis avec 50.8% des voix.
Cette victoire "montre que le chemin de la rupture dans les villes populaires comme Saint-Denis et Pierrefitte est le chemin qu'il faut pour l'ensemble des territoires populaires", a réagi sur LCI Bally Bagayoko.
LFI tend la main aux socialistes
Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, s'est félicité d'une "progression remarquable" de son parti et dès dimanche soir, il a appelé à l’union de la gauche pour faire barrage à la droite voire l’extrême droite comme à Marseille où le maire Benoît Payan (PS) est talonné par le Rassemblement national Franck Allisio. Les deux candidats obtiennent respectivement 35,6% et 35,1% des suffrages.
Sébastien Delogu, député de la France Insoumise a rassemblé 12,4%, des suffrages, il peut amener à Payan les voix qui lui manquent pour empêcher le RN de mettre la main sur la deuxième ville de France et il a tendu la main à Benoît Payan pour "la constitution d'un front antifasciste pour le second tour.”
Le PS sous pression
Le Parti socialiste a pour l'instant exprimé son refus de faire alliance avec la France Insoumise. Il n'y aura “pas d'accord national entre le PS et LFI au second tour”, a d'emblée écarté Olivier Faure, le patron du PS, lors d'une allocution ce dimanche soir.
Cette consigne nationale n’empêche pas des alliances locales mais elle les rend plus difficiles. Dans ce genre de situation, soit il y a fusion entre les deux listes avec un accord de programme, soit il y a accord sans fusion et la liste arrivée en troisième position offre son soutien lors du scrutin mais reste dans l’opposition, soit enfin, chacun maintient sa liste.
C’est semble-t-il la solution que choisit Emmanuel Grégoire, candidat PS à Paris qui refuserait toute alliance avec LFI. Il a recueilli 37,9% des suffrages. Sa rivale, Rachida Dati, soutenue par LR et le MoDem, obtient 25,5% des voix. Sophia Chikirou, la candidate LFI a fait un bon score avec 12% des voix et dès dimanche soir a déclaré attendre un appel d’Emmanuel Grégoire pour empêcher que la capitale ne tombe aux mains de la droite.
On s’oriente a priori dans la capitale vers une quinquangulaire avec le maintien possible de 5 listes pour le second tour. Le départ d’Anne Hidalgo, le nouveau mode de scrutin et l’union de la gauche sans LFI a rendu ce scrutin plus ouvert.
Le Rassemblement national confirme ses implantations locales. Plusieurs maires d’extrême-droite ont été réélu comme à Beaucaire dans le Gard. Steeve Briois a été conforté avec plus de 78% des suffrages à Hénin-Beaumont. Les maires RN de Fréjus et Perpignan conservent leurs sièges. Le parti progresse également dans de nombreuses villes, lui assurant ainsi une présence dans de nombreux conseils municipaux au second tour.
Les listes qui se présentent pour le second tour doivent être déposées avant mardi soir.