Paris affirme qu'aucune “pression” américaine n'a influencé l'absence de l'Afrique du Sud au G7

“Nous avons toujours compté sur l'Afrique du Sud et nous respectons le rôle important qu'elle joue sur la scène internationale”, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères.

By
Cyril Ramaphosa accueille Emmanuel Macron au Johannesburg Expo Centre, lors du précédent G20, le 22 novembre 2025 à Johannesburg, en Afrique du Sud. / REUTERS

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a défendu jeudi les décisions de la France concernant les invitations au prochain sommet du G7 à Évian, affirmant que ces choix avaient été faits en coordination avec les partenaires invités et n'avaient subi aucune influence extérieure.

“Nous n'avons cédé à aucune pression, mais avons fait un choix cohérent avec notre décision d'organiser un G7 plus restreint, axé sur les questions géoéconomiques”, a déclaré Barrot lors d'une conférence de presse en marge de la réunion du G7.

Il a souligné que les choix de la France en matière d'invitations étaient guidés par l'objectif d'organiser un sommet ciblé et axé sur les enjeux géoéconomiques, et a insisté sur le fait que le pays restait en contact étroit avec l'Afrique du Sud.

“Nous avons toujours compté sur l'Afrique du Sud et respectons le rôle important qu'elle joue sur la scène internationale. Concernant le G7, nous avons invité le Kenya dans le cadre des préparatifs du sommet Africa Forward de mai”, a-t-il ajouté.

Des informations laissaient entendre que la participation de l'Afrique du Sud au sommet de juin avait été affectée par des pressions extérieures, notamment des allégations selon lesquelles les États-Unis auraient exhorté la France à retirer son invitation au président sud-africain Cyril Ramaphosa. Les médias locaux ont indiqué que la présidence sud-africaine avait été informée il y a plusieurs semaines du retrait de son invitation, que la France avait initialement adressée lors du sommet du G20 en Afrique du Sud l'année dernière.

Ramaphosa a déclaré jeudi que l'Afrique du Sud n'était pas membre du G7 et que son absence au prochain sommet ne devait pas être perçue comme un affront.

Le sommet accueille régulièrement des pays invités aux côtés des sept États membres. Le Kenya, le Brésil, l’Inde et la Corée du Sud figureront parmi les pays invités en 2026.

Les relations entre Washington et Pretoria se sont tendues ces dernières années en raison de nombreux différends de politique étrangère et intérieure, notamment l’affaire opposant l’Afrique du Sud à Israël devant la Cour internationale de justice et des désaccords persistants concernant les politiques foncières et agricoles affectant les Afrikaners. Washington avait également imposé des droits de douane de 30 % sur la plupart des exportations sud-africaines, une mesure ultérieurement annulée par la Cour suprême du pays.

Lire aussi: Afrique du Sud: première crise diplomatique pour le nouvel ambassadeur américain