Gabon: suspension des réseaux sociaux "jusqu'à nouvel ordre"

Les autorités gabonaises ont décidé de suspendre tous les réseaux sociaux “jusqu'à nouvel avis”. Depuis un mois, le président Oligui Nguema fait face à sa première vague de contestations sociales qui gagne en intensité.

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Vue aérienne du centre administratif en bord de mer à Libreville, Gabon, le 15 avril 2025. REUTERS/Luc Gnago / Reuters

La Haute Autorité de la Communication (HAC) au Gabon a annoncé mardi la suspension immédiate et "jusqu'à nouvel ordre" des réseaux sociaux sur le territoire gabonais, évoquant un risque de "dérives conflictogènes".

Dans un communiqué lu mardi soir sur la chaîne de TV publique Gabon 1ère, le porte-parole de la HAC Jean-Claude Mendome a annoncé "la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu'à nouvel ordre", sans désigner les plateformes concernées, expliquant que des contenus risquaient d'engendrer des conflits sociaux ou de déstabiliser les institutions.

La contestation monte

Le président gabonais a été confronté en janvier et février à sa première vague de contestation sociale avec une grève des enseignants qui dure par endroits depuis plus d'un mois.

"La Haute Autorité de Communication (HAC) constate la diffusion récurrente sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques accessibles sur le territoire gabonais, de contenus inappropriés, diffamatoires, haineux, injurieux, portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes moeurs, à l'honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale", a énuméré le porte parole de l'institution.

La HAC s'inquiète aussi de "la propagation de fausses informations", de "cyberharcèlement", ou encore de "la divulgation non autorisée de données personnelles".

Dans son communiqué, la HAC a également "déploré", "l'indifférence" des plateformes et "l'absence d'une véritable volonté de modération des contenus illicites".

"Ces agissements sont susceptibles dans le cas du Gabon d'engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l'unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques", a affirmé le porte-parole.

La suspension n'était cependant pas effective dans la nuit de mardi à mercredi, d'après des témoignages sur place.

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