Écoles en France: faible mobilisation contre la suppression de 4 000 postes

Près de 10% d'enseignants sont en grève ce mardi pour protester contre les suppressions de postes et fermetures de classes, selon l'Education nationale. La mobilisation est plus suivie par les personnels de la vie scolaire, avec 16,9% de grévistes.

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Des manifestants organisées par les syndicats enseignants ont eu lieu dans toute la France / AA

Cette journée nationale de grève a été organisée par plusieurs syndicats, l’intersyndicale de l’Éducation nationale exige une revalorisation des salaires. La FSU, l'Unsa, la CFDT, la CGT et SUD dénoncent également "les choix budgétaires du gouvernement", notamment les 4 000 "suppressions d'emplois" d'enseignants prévues dans le public et le privé confondus à la rentrée 2026.

Un exemple, dans l’Académie de Montpellier dans le sud-est, 75 suppressions de postes dans le premier degré, 73 emplois dans le second degré sont prévus.

Le ministre de l’Education a bien essayé d’expliquer à nouveau la position du gouvernement ce lundi. “On a une chute démographique comme jamais notre pays n’en a connu dans son histoire. Nous aurons perdu dans le premier degré un million d’élèves entre 2019 et 2029 sur 6,5 millions d’enfants”, a justifié le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray à Lyon.

Les syndicats répondent en cœur qu’il faudrait profiter de la baisse du nombre d’élèves pour offrir aux enfants des classes moins chargées et des temps d’apprentissage plus interactifs. 

Selon la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), les classes françaises de primaire et de collège figurent parmi les plus chargées d'Europe. La moyenne française en 2020-21 était de 21,9 élèves par classe en primaire, contre 20,6 dans l'Union européenne (UE), et 25,6 élèves au collège, contre 22,8 pour l'UE.

Des fermetures de classes partout 

Suppression du nombre d’enseignants veut aussi dire fermetures de classes et, pour certaines communes, cela équivaut à une mort sociale.

Le Snuipp-FSU, très présent en primaire met en garde le gouvernement. Il estime que celui-ci est en train de créer “des zones blanches éducatives dans les territoires ruraux”.

La future carte scolaire sera dévoilée le 7 avril prochain. Ensuite, les académies et les communes discuteront. Des ajustements seront envisageables, mais pas systématiques. Déjà, certaines communes et départements dénoncent les chiffres qui fuitent. 

Plus de 130 classes seraient menacées de fermeture dans les écoles de Normandie. L'école primaire d'Ecouché-les-Vallées, dans l'Orne, voit à nouveau une de ses classes menacée de fermeture. À chaque fois la mobilisation des parents a permis d’éloigner cette décision, ils se disent prêts à se remobiliser dans les médias locaux.


Dans la commune alsacienne de Mossch (Haut-Rhin), le maire a choisi l’humour pour dénoncer la fermeture d’une classe à la rentrée prochaine. José Schruoffeneger a, en effet, annoncé, lundi 30 mars, l’inscription symbolique de cinq jeunes vaches pour compléter l’effectif des élèves inscrits pour la rentrée prochaine et atteindre le nombre de 100 élèves, barre sous laquelle une classe est fermée par le rectorat.