Algérie: 2026, l’année des grands travaux
Le président algérien a inauguré dimanche une nouvelle ligne de chemin de fer longue de 1000 km. C’est le premier d’un package des grands chantiers qui doivent entrer en production en 2026.
Financée par l'Etat algérien et construite par le groupement chinois CRCC et des entreprises locales, la ligne de chemin de fer inaugurée dimanche relie la mine de Gara Djebilet, près de Tindouf (extrême sud-ouest) à la ville de Béchar. Elle va acheminer du minerai de fer et sera aussi utilisée par des trains pour voyageurs.
Abdelmadjid Tebboune estime que cette ligne est l’un des "plus grands projets stratégiques de l'histoire de l'Algérie indépendante" car lorsque la mine de fer sera en production, ce qui est prévu pour avril prochain, le pays diminuera sa dépendance envers le fer importé. Elle permettra également d’alimenter le secteur sidérurgique algérien.
Vingt-quatre trains minéraliers circuleront quotidiennement dans les deux sens sur cette ligne, en plus de deux trains de marchandises et deux trains de voyageurs roulant à une vitesse maximale de 160 km/h.
Une méga ferme de 270 000 vaches
Le journal algérien El Moudjahid n’hésite pas à écrire que “l’année 2026 marquera les premiers fruits de la transformation économique de l’Algérie.” 2026, c’est en effet une année importante en terme d’investissements dans l’économie du pays.
Dans le secteur minier, il faut ajouter le lancement prochain de la mine de phosphate de Bled El-Hadba (wilaya de Tébessa), et à Bejaïa, les travaux d’exploitation du gisement de zinc et de plomb de Tala Hamza-Amizour qui avancent. Les premiers lingots de concentré de zinc et de plomb devraient voir le jour dès novembre 2026.
Le secteur agricole va aussi connaître un grand bouleversement avec la construction en plein désert d’une ferme géante, un projet réalisé avec la société qatarienne Baladna à Adrar. Cet investissement de 3,5 milliards de dollars devrait voir sortir de terre la plus grande laiterie au monde avec une capacité de 270 000 vaches. Il s’agira de produire du lait, des produits laitiers comme du yaourt et du lait en poudre dans des hangars ventilés et avec air conditionné.
Parmi ces projets ambitieux, il faut ajouter le projet agricole dans la région de Timimoun où la culture du blé et céréales est lancée sur une superficie de 36 000 hectares.
Tous ces travaux visent à diminuer la dépendance de l’Algérie envers les importations. Ainsi, selon le département américain de l’Agriculture (USDA), Alger importe du lait pour 800 millions de dollars/an. Le blé français a longtemps trouvé un débouché important en Algérie qui a importé ces dernières années entre 6 et 8 millions de tonnes de blé par an.
Ces réalisations visent aussi développer le sud de l'Algérie. Pour améliorer la production électrique, l’énergie photovoltaïque y est en développement, avec le lancement d’une première phase de production de 3.400 kilowatts dans 14 wilayas, dans le cadre d’un projet global de 15.000 kilowatts qui doit voir le jour d’ici 2035.