Les municipales à Nice, une tête de cochon et deux ennemis jurés

Quatre nouvelles personnes ont été placées en garde à vue ce mercredi dans l’enquête sur la tête de cochon déposée devant le domicile du maire Estrosi. Le nouvel épisode d’une campagne électorale faite d’insultes entre les deux frères ennemis.

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Christian Estrosi, maire sortant (droite) des Républicains et Eric Ciotti de l'UDR / AFP

L’affaire de la tête de cochon avec une incision en forme d’étoile de David a des allures d’intrigue provençale digne de Pagnol: rivalités politiques, ennemis jurés, et une campagne électorale où les coups bas ne manquent pas.

Après l’arrestation de deux Tunisiens et leur incarcération la semaine dernière, les personnes placées en garde à vue, ce mercredi, ont un profil qui interroge. L’un des hommes gravite dans l’entourage du maire et était en contact avec les deux Tunisiens incarcérés.

La présence, parmi les personnes interpellées mercredi, d’une journaliste et d’un détective privé ancien de la DST nourrit la thèse d’une possible manipulation. L’affaire devient d’autant plus trouble que l’une des personnes déjà en détention aurait été en relation à plusieurs reprises avec une très proche collaboratrice du maire.

Selon le journal le Parisien, la collaboratrice en question aurait dit avoir  embauché les deux Tunisiens pour booster la présence du maire sur les réseaux sociaux. Ils ont rencontré à trois reprises le maire Estrosi durant cette campagne. 

Une guerre franche entre deux candidats

L’affaire soulève de nombreuses questions. L’enquête devrait apporter  des réponses mais probablement pas assez tôt pour apaiser le climat avant le scrutin du 15 et 22 mars.

Aujourd’hui, le maire sortant Christian Estrosi est devancé dans les sondages par Eric Ciotti, président de l'UDR (Union des droites pour la République), un parti d’extrême droite.

 Vendredi 27 février, un sondage Elabe plaçait Éric Ciotti devant le maire sortant Christian Estrosi au premier tour avec 41% des intentions de vote au premier tour. Le maire sortant Christian Estrosi (Horizons, LR) à 30% ne recueillant que 30%.

Christian Estrosi qui brigue un 4e mandat se voit en position délicate dans son fief niçois. Lorsque la découverte d’une tête de cochon portant une étoile de David sur le front a donné lieu à un dépôt d’une plainte, de nombreuses interrogations ont aussitôt émergé. 

Et pour cause. Les deux candidats se livrent une guerre fratricide après une amitié de trente ans.

Christian Estrosi a longtemps été le mentor d'Éric Ciotti, ce dernier ayant débuté comme son assistant parlementaire en 1988. 

Pourtant, Christian Estrosi n’a pas hésité, lors d'un débat organisé samedi par BFMTV, Nice-Matin et Le Figaro, à dénoncer "une campagne de violences de la part des équipes" de son rival Éric Ciotti, président de l'UDR (Union des droites pour la République) et allié au Rassemblement national. 

Il a poursuivi sur sa lancée en accusant Pierre-Edouard Stérin de l’avoir menacé. Le milliardaire très conservateur est connu pour financer des candidats de l’extrême droite.


Interrogé au sujet de l'enquête ouverte après la découverte d'une tête de cochon devant son domicile, le maire dénonce une "barbouzerie". “Manipulation”, rétorque Ciotti. La passe d’arme s’est ensuite envenimée, les deux hommes s’accusant, tout à tour,  de “voleur” et “menteur”.