Trump veut déployer des renforts en Iran, Téhéran menace de frapper les infrastructures pétrolières

Frappes américaines dans le golfe persique, frappes israéliennes au Liban, menaces autour du détroit d’Ormuz, attaques de drones en Irak et tirs de missiles au Qatar, au quinzième jour de la guerre, les tensions ne cessent de s’intensifier.

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De la fumée s'élève après des bombardements israéliens à Téhéran, en Iran, le 13 mars 2026. / AA

L’armée israélienne a demandé aux habitants d’une zone industrielle de Tabriz, dans le nord-ouest de l’Iran, d’évacuer immédiatement avant des frappes militaires prévues “dans les prochaines heures”.

L’avertissement a été diffusé sur le réseau social X, accompagné d’une carte de la zone concernée. Toutefois, l’accès à internet étant largement coupé en Iran depuis près de deux semaines, il est peu probable que ce message ait été consulté par les habitants.

Le président américain Donald Trump a affirmé que l’Iran était “complètement vaincu” et cherchait désormais à conclure un accord avec Washington.

Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il a accusé certains médias de diffuser de “fausses informations” et assuré que les opérations militaires américaines avaient produit “d’excellents résultats”.

Selon l’agence de presse Fars, aucune infrastructure pétrolière n’a été endommagée sur l’île de Kharg, principal terminal d’exportation de pétrole iranien dans le golfe Persique.

Les États-Unis ont mené vendredi des frappes contre des installations militaires sur l’île, que Donald Trump affirme avoir “complètement détruites”. Le président américain a également menacé d’”anéantir” les infrastructures pétrolières du site en cas d’escalade.

En réponse, l’armée iranienne a averti qu’elle pourrait “réduire en cendres” les installations pétrolières liées aux intérêts américains dans la région.

Attaque contre l’ambassade américaine à Bagdad

Une attaque de drone a visé samedi, à l’aube, l’ambassade des États-Unis à Bagdad, en Irak, selon un responsable sécuritaire irakien.

Des journalistes présents sur place ont vu de la fumée noire s’élever au-dessus du complexe diplomatique. L’attaque intervient après des frappes menées contre un groupe armé pro-iranien qui auraient fait deux morts.

Le Qatar a annoncé de son côté avoir intercepté deux missiles au-dessus de sa capitale Doha.

Des systèmes de défense aérienne ont été vus détruisant les projectiles au-dessus du centre-ville. Les autorités avaient auparavant ordonné l’évacuation de plusieurs zones sensibles “par mesure de précaution”.

Les États-Unis ont ordonné le départ du personnel non essentiel et de leurs familles de leur ambassade à Oman en raison des risques liés à la guerre.

Cette décision intervient après la mort de deux travailleurs étrangers tués par un drone dans une zone industrielle du nord du pays.

Escalade au Liban

Au Liban, une frappe israélienne contre un centre de santé dans le sud du pays a tué au moins douze membres du personnel médical, selon le ministère libanais de la Santé. Une attaque précédente sur la localité de Sawaneh avait déjà coûté la vie à deux ambulanciers affiliés au Hezbollah et au mouvement Amal.

Par ailleurs, des obus sont tombés dans l’enceinte d’un quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban à Mays al‑Jabal, où est stationné un bataillon népalais. Aucun soldat n’a été blessé, selon les autorités militaires népalaises.

Face à l’escalade, Washington prévoit d’envoyer des renforts militaires au Moyen-Orient. Selon plusieurs médias américains, environ 2 500 Marines et plusieurs navires supplémentaires doivent être déployés dans la région.

Parmi eux figure le navire d’assaut amphibie USS Tripoli (LHA‑7), basé au Japon.

Le conflit a également de fortes répercussions économiques. Le prix du baril de Brent, référence mondiale du pétrole, a bondi de plus de 42 % depuis le début de la guerre, atteignant 103,14 dollars à la clôture vendredi.

Cette hausse, alimentée notamment par les tensions dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, ravive les craintes d’inflation et a contribué au recul des marchés boursiers, notamment à Wall Street.