Des ONG saisissent la justice pour suspendre les partenariats avec des universités israéliennes
Des associations et syndicats en France ont saisi la justice administrative pour obtenir la suspension des partenariats d'universités françaises avec les universités israéliennes.
Des associations et sections syndicales en France ont saisi la justice administrative pour demander la suspension des partenariats entre établissements d’enseignement supérieurs français et universités israéliennes, a indiqué l’AFP mercredi.
Les requêtes ont été déposées mardi auprès du Conseil d’État et visent les ministères des Affaires étrangères et de l’Enseignement supérieur.
Parmi les requérants figurent l’Union juive française pour la paix, des sections des syndicats Sud, Solidaires étudiants et l’Union étudiante, ainsi que l’association franco-palestinienne Nidal, qui ont aussi saisi les tribunaux administratifs de Paris, Grenoble, Lyon et Marseille pour contester localement plusieurs collaborations. Sont notamment visées les universités de Tel Aviv, Bar-Ilan, Reichman, Ben-Gourion du Néguev et l’Université hébraïque de Jérusalem.
Les requêtes affirment que certains établissements israéliens entretiennent des liens avec l’armée, les services de sécurité intérieure et de renseignement, et soutiennent que les partenariats français pourraient faciliter ou légitimer des actes susceptibles d’être qualifiés de “crimes”, notamment au regard des avis de la Cour internationale de justice (CIJ). Les plaignants demandent l’annulation du refus des universités de suspendre leurs accords à titre conservatoire, ou leur rupture, et imputent à l’État une faute pour non-respect des obligations internationales.
Ces collaborations portent sur des échanges d’étudiants, des doubles diplômes et des projets de recherche. Me Damia Taharraoui, avocate des requérants, affirme que certaines universités israéliennes, “situées dans les territoires palestiniens occupés”, participeraient, directement ou indirectement, à des politiques qu’elle associe au génocide, à la colonisation et à l’apartheid, et que les universités françaises ont le devoir, en vertu du droit international, d’empêcher ou de ne pas légitimer de tels actes.
En 2025, l'Université suisse de Lausanne (Unil) et l'Université de Genève ont notamment rompu leurs partenariats avec l'Université hébraïque de Jérusalem (Huji).