La Türkiye organise une consultation avec des ONG sur la crise climatique en amont de la COP31
Le ministre turc réaffirme que la lutte contre la crise climatique ne limite pas la croissance économique, mais favorise une prospérité inclusive et l’équité à l’échelle mondiale.
Alors que la Türkiye se prépare à accueillir et à assurer la présidence de la 31e Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP31) plus tard cette année, le ministère de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique a réuni jeudi les organisations non gouvernementales (ONG) concernées pour une réunion de consultation clé.
L’événement, organisé dans un hôtel d’Ankara et présidé par le ministre de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique et président de la COP31, Murat Kurum, était consacré aux préparatifs de la COP31.
Le ministre Kurum a annoncé que le Bureau de la présidence de la COP31 avait été créé, que le site de l’EXPO d’Antalya avait été désigné comme lieu principal et que les travaux sur place avaient commencé rapidement. Le Centre EXPO d’Antalya servira de site principal pour la COP31.
Plus tôt, le 12 février, Kurum avait rencontré le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Simon Stiell, dans le cadre des préparatifs en cours.
Il a également tenu à Istanbul des réunions préparatoires de deux jours avec l’Australie, qui dirige les négociations, avec le Brésil, hôte de la précédente COP30, ainsi qu’avec des responsables climatiques d’Azerbaïdjan.
La Türkiye accueillera la COP31 à Antalya en novembre 2026, dans le cadre d’un partenariat inédit avec l’Australie.
La Türkiye assurera la présidence formelle de la COP31 et prendra en charge la logistique d’accueil, le Sommet des dirigeants mondiaux, la communication et l’ensemble des opérations.
L’Australie a été désignée présidente des négociations, avec une autorité exclusive sur le processus de négociation avant et pendant la conférence.
Ce partenariat sans précédent entre la Türkiye et l’Australie a été conclu lors de la COP30 dans la ville brésilienne de Belém en novembre 2025.
De fortes attentes pour la COP31
Lors de la réunion de consultation à Ankara, Kurum a souligné que la Türkiye considère la COP31 comme bien plus qu’un simple rassemblement diplomatique, mais comme un moment charnière permettant d’accélérer la mise en œuvre des engagements, de rétablir la confiance mondiale et d’aboutir à des résultats concrets, notamment par le renforcement et la mise à jour des Contributions déterminées au niveau national (CDN) au titre de l’Accord de Paris.
Il a noté que, si les processus de la COP reposent principalement sur des négociations entre États, leur succès dépend largement du rôle moteur des organisations de la société civile.
Le ministre a également évoqué l’aggravation des défis mondiaux, notamment la réactivation des lignes de fracture géopolitiques, la concurrence intense dans les domaines de l’énergie, des mines, des éléments rares, de l’intelligence artificielle et de la souveraineté numérique, ainsi que les évolutions démographiques, les vagues migratoires, les questions de sécurité alimentaire et les incertitudes financières.
Il a fait référence à l’émergence d’un clivage entre un « bloc fossile » et un « bloc vert ».
Il a souligné que les normes écologiques occidentales affaiblissent parfois l’espace de dialogue avec le Sud global et les priorités de développement des pays en développement.
Le rôle de pont de la Türkiye
Kurum a insisté sur le rôle de médiation de la Türkiye dans les efforts climatiques mondiaux, déclarant :
“La Türkiye agira comme la voix des pays qui cherchent à se développer à travers la justice climatique, une transition juste et des approches diplomatiques humanistes. Dans le même temps, elle invitera les pays développés à assumer leurs responsabilités en proposant des initiatives sur l’économie verte, l’énergie verte, l’équité et le fonds pour les pertes et dommages”
Il a souligné que la lutte contre la crise climatique ne restreint pas la croissance économique ni n’entrave le développement, mais favorise au contraire une prospérité inclusive, l’équité et un progrès durable à l’échelle mondiale.
La Conférence des Parties (COP) est l’organe décisionnel suprême de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Elle se réunit chaque année depuis 1995 afin d’évaluer les progrès réalisés et de négocier de nouvelles mesures climatiques.
La 31e session (COP31) se tiendra en Türkiye en novembre prochain, principalement dans la station balnéaire d’Antalya, sur la Riviera turque, avec le sommet des dirigeants organisé à Istanbul.
À cette occasion, près de 200 pays devraient se réunir en Türkiye pour discuter des prochaines étapes de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, notamment la mise à jour des objectifs de réduction des émissions, les mesures d’adaptation, le financement climatique et les règles relatives aux marchés du carbone.