L'établissement catholique Bétharram annonce définitivement sa fermeture
Des violences avaient été signalées dès les années 1990, mais la parole des anciens élèves ne s’est véritablement libérée qu’à partir de l'automne 2023, faisant état de violences sexuelles, de passages à tabac, d‘humiliations et de sévices.
"Nous souhaitons fermer le site" de Notre-Dame de Bétharram, a confirmé lundi le Secrétariat général de l'Enseignement catholique.
Mais "nous ne souhaitons pas le faire dans n'importe quelles conditions, compte tenu de nos responsabilités" vis-à-vis des victimes et des familles notamment, a ajouté son secrétaire général, Guillaume Prévot, lors d'une conférence de presse. Il a expliqué que l’établissement s’était donné trois mois pour aboutir à cette fermeture.
L'avenir des enfants scolarisés sur place "est sur le groupe scolaire du Beau-Rameau", qui compte aujourd'hui trois établissements dans la commune voisine d'Igon (sud-ouest): une école primaire, un lycée et un lycée professionnel, a expliqué Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l'enseignement catholique (Fnogec).
Pour les 160 collégiens encore présents aujourd'hui sur le site de Lestelle-Bétharram, "il faut leur trouver des salles de classe" et donc "réorganiser le site d'Igon", a ajouté le président de la Fnogec.
Guéret avait annoncé la semaine dernière la prochaine fermeture du site de Lestelle-Bétharram, des propos avec lesquels le Secrétariat général de l'Enseignement catholique avait toutefois pris ses distances en assurant qu'il n'était "pas question de fermeture de l'établissement à ce stade".
250 plaintes
Des violences avaient été dénoncées dès les années 1990, mais la parole des anciens élèves ne s'est libérée qu'à partir de l'automne 2023, dénonçant fellations et masturbations forcées, passages à tabac, humiliations et supplices.
Depuis deux ans, près de 250 plaintes ont été déposées par d'anciens élèves auprès du parquet de Pau (sud-ouest), mettant en cause des prêtres et des laïcs pour des faits commis entre la fin des années 1950 et le début des années 2000.
Des faits pour lesquels la congrégation des pères de Bétharram a reconnu sa responsabilité l'an dernier, après l’éclatement du scandale , et s’est engagé à indemniser toutes les victimes.