Ouverture par la force du détroit d’Ormuz: le vote à l’ONU reporté

Le vote sur le détroit d’Ormuz prévu ce vendredi à l’ONU a été reporté. Les pays du Golfe souhaitent obtenir le feu vert pour rouvrir le détroit d’Ormuz par la force. La guerre des missiles continue entre Israël et l‘Iran.

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L'aéroport de Koweit a été touché par un drone iranien ce mercredi 1er avril / AFP

Une quarantaine de pays plaident pour la "réouverture immédiate et inconditionnelle" du détroit d’Ormuz,, accusant l'Iran de vouloir "prendre en otage l'économie mondiale".

Aux Nations unies à New York, Bahreïn porte depuis une dizaine de jours un projet de résolution pour autoriser l'usage de la force pour libérer le détroit mais le vote sur le sujet, initialement prévu vendredi, a été reporté sine die alors que le Conseil de sécurité reste loin d'un consensus.

Une quarantaine de pays plaident pour la "réouverture immédiate et inconditionnelle" de ce détroit, accusant l'Iran de vouloir "prendre en otage l'économie mondiale".

L'armée iranienne a prévenu que le détroit resterait fermé aux pays jugés hostiles et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant ce vote sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Les pays du Golfe très impactés par la guerre

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences. 

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout État ou toute coalition d'États à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires mais cette mention “défensive” ne sera peut-être pas suffisante pour convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.

Les salves de missiles continuent

​​L'Iran a riposté vendredi avec de nouvelles attaques de missiles sur Israël, malgré les menaces de Donald Trump, le président américain. Celui-ci a promis de viser les ponts et centrales électriques iraniens.

Israël a été visé tôt vendredi par de nouveaux tirs iraniens, qui, selon les secours, n'ont fait aucune victime. Tel-Aviv et la ville balnéaire d’Eilat étaient visées.

Continuant d'alterner menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu, Donald Trump a cette fois-ci mis en garde l'Iran contre davantage de destructions d’infrastructures civiles. "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a-t-il averti sur son réseau Truth Social.

Jeudi, les bombardements américano-israéliens sur des infrastructures en Iran ont notamment détruit un pont en construction près de Téhéran, à la grande satisfaction du président américain. Cette frappe aurait fait 95 blessés et une dizaine de morts.

Selon le ministère de la Santé iranien, au moins 2 076 personnes ont été tuées et 26 500 blessées lors des attaques américano-israéliennes depuis le 28 février.