France: les actions d'agriculteurs contre le Mercosur se poursuivent

Plusieurs dizaines d'agriculteurs de la Confédération paysanne sont entrés sur le périphérique parisien avec six tracteurs, bloquant la circulation.

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Des agriculteurs français manifestent sur le périphérique parisien contre l'accord commercial du Mercosur. / Reuters

Des agriculteurs français d'un syndicat opposé au libre échange ont pris le relais de leurs camarades d'un autre mouvement en pénétrant sur le périphérique parisien vendredi matin pour protester contre l'adoption prochaine du traité Mercosur et la politique sanitaire du gouvernement.

Le "non" de la France au Mercosur, finalement décidé par le président Emmanuel Macron, et la quasi-certitude d'un vote en faveur de ce traité de libre-échange entre l'Union européenne et des pays latino-américains laisse un goût amer à une partie des agriculteurs, mobilisés depuis des mois contre cet accord.

Avant l'aube, plusieurs dizaines d'agriculteurs de la Confédération paysanne sont entrés sur le périphérique parisien avec six tracteurs, bloquant la circulation, un peu avant 7h30 (06H30 GMT).

"C'est le Mercosur qu'il faut abattre, pas nos vaches!", a déclaré Nicolas Fortin, secrétaire général du 3e syndicat agricole français, historiquement opposé au libre-échange et très engagé dans l'opposition à la gestion actuelle de l'épizootie de dermatose qui frappe les bovins.

Une position défendue la veille par les agriculteurs de la Coordination rurale (CR), 2e syndicat agricole, coutumier des opérations coup de poing et idéologiquement très loin de l'altermondialisme de la Confédération paysanne.

Après avoir cheminé de ses bastions du Sud-Ouest, de Normandie ou du Nord, les agriculteurs de la CR avaient réussi leur démonstration de force jeudi, parvenant à entrer dans la capitale, jusque devant l'Assemblée nationale.

L'annonce d'un "non" au Mercosur de la France, qui n'est pas parvenue à réunir une minorité de blocage à Bruxelles, signifie surtout, pour les syndicats, la "faiblesse" et "l'isolement" de la première puissance agricole européenne.

En dépit des déclarations jeudi soir de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard qui a revendiqué "un non puissant" contre ce traité et vanté les avancées obtenues par Paris, notamment pour faire baisser le prix des engrais et préserver le budget de la Politique agricole commune (PAC).

Ces dernières semaines, le gouvernement français et Bruxelles ont multiplié les annonces, mais la pilule du Mercosur ne passe pas pour de nombreux agriculteurs, qui craignent l'arrivée de bœuf, sucre et de volailles sud-américains produits avec des normes moins disantes que celles imposées aux européens.

La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes Agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier.