Groenland: la France sonne la mobilisation européenne contre l’offensive de Trump

Au sommet extraordinaire de Bruxelles jeudi, la France, cheffe de file de la résistance européenne face aux velléités hégémoniques de Trump sur le Groenland, va plaider pour un front commun de l’Europe.

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Groenland: la France sonne la mobilisation européenne contre l’offensive de Trump. / AFP

Le sommet extraordinaire des dirigeants européens de ce jeudi, s’annonce décisif pour entrevoir la réponse coordonnée de l’UE aux menaces d’invasion américaine du Groenland et d’augmentation des tarifs douaniers.

Alors que Donald Trump brandit toujours le spectre d’une surtaxe douanière comprise entre 10 et 25 % contre huit pays européens opposés à ses projets expansionnistes aux Groenland, la France semble être particulièrement visée.

La dernière trouvaille de Trump est la menace d'imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français. Par ses initiatives, Paris se présente en effet comme le chef de file du front de la lutte contre l'expansionnisme américain en Europe.

 C’est Emmanuel Macron qui, le premier, a fait savoir dimanche qu'il allait demander à ses homologues européens l'activation de "l'instrument anti-coercition" de l'UE, si les menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump étaient mises à exécution, selon son entourage.

Par la suite, beaucoup d’autres officiels se sont engagés dans la voie tracée par leur président.  

 "Nous sommes au stade de la menace du côté américain, nous devons être au stade également de la menace au niveau européen", a insisté le français Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne à la Prospérité et à la Stratégie industrielle. Ce dernier a rappelé que "l'outil anti-coercition est en quelque sorte une arme de dissuasion qui doit permettre le dialogue et surtout d'éviter l'application des droits de douane. 

Dans la même lignée, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, dans un discours devant les membres de l’Académie des sciences morales et politiques a mis en exergue les intérêts économiques américains en Europe. 

“Les grandes entreprises du numérique réalisent un quart de leur chiffre d’affaires et sans doute la moitié de leurs profits en Europe”, a-t-il insisté. “Les pays de la zone euro détiennent 3 000 milliards d’euros d’actifs de plus que les Américains n’en détiennent en Europe”, a-t-il ajouté, en concluant : “Personne ne sort jamais gagnant d’une guerre commerciale.”

L’Europe, “prête à réagir”

Pour sa part, le ministre allemand de l’Économie Lars Klingbeil, a promis une réponse européenne "claire et unanime" laissant entrevoir le gel de l’accord douanier américano-européen ou encore l’entrée en vigueur de taxes sur des produits américains importés.

“Parfois, la forme de leadership la plus responsable est la retenue”, a déclaré un porte-parole de l’UE, Olof Gill, qui a rassuré que l’Union Européenne dispose cependant “d’outils” et est “prête à réagir” au cas où le président américain mettait ses menaces à exécution.

La France semble avoir montré la voie de la résistance aux velléités américaines sur le Groenland en prônant l'unité. Les européens fléchiront-ils ou adopteront-ils la fermeté dans l'unité prônée par Paris ? On le saura peut-être à l'issue du sommet extraordinaire des dirigeants européens prévu jeudi à Bruxelles.

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