Union européenne: nouvel accord de libre-échange cette fois avec l’Australie

L'Australie et l'Union européenne (UE) ont signé, ce mardi à Canberra, un vaste accord de libre-échange, conclu au terme d'années de négociations pour stimuler le commerce bilatéral, malgré les protestations d'agriculteurs européens.

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Ursula von der Leyen, la présidente de la commission européenne a été reçue à l'assemblée australienne où elle a fait un discours / Reuters

Depuis les menaces américaines de taxations tous azimuts et l’incertitude qui règne sur le commerce mondial à cause de la nouvelle politique commerciale de Donald Trump, l’Union européenne accélère la signature d’accords de libre-échange.

Il y a eu l’accord du Mercosur, pays d’Amérique du sud, fin 2025. Et aujourd’hui, c’est avec l’Australie, pays-continent, que l’Union européenne établit des liens commerciaux. Le texte a été signé lors de la première visite de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en Australie.

Bruxelles comme Canberra cherchent à diversifier les débouchés de leurs exportations, pour faire face aux pressions des Etats-Unis et de la Chine, cet accord était en discussion depuis huit années mais tout s’est accéléré ces derniers mois. L'UE est aujourd'hui le troisième partenaire commercial bilatéral de l'Australie et sa deuxième source d'investissements étrangers.

"L'UE et l'Australie sont peut-être géographiquement très éloignées, mais nous ne pourrions être plus proches dans notre vision du monde", a déclaré Mme von der Leyen. 

"C'est un moment important pour notre nation, nous sécurisons un accord avec la deuxième économie du monde", a souligné le Premier ministre australien Anthony Albanese.

Les entreprises européennes ont exporté 37 milliards d'euros de marchandises vers l'Australie l'année dernière, et 31 milliards d'euros de services en 2024.

Cet accord inquiète les agriculteurs européens déjà très opposés à l’accord avec le Mercosur. Les principaux syndicats agricoles d'Europe réunis au sein du e Copa-Cogeca ont dénoncé mardi les "concessions inacceptables" faites par l'Union européenne à l’Australie pour des filières sensibles comme le boeuf, la viande ovine, le sucre et le riz.

Après l'accord avec le Mercosur, "la série noire se poursuit pour l'agriculture européenne", a déploré le Copa-Cogeca.

Tension sur le bœuf australien

Les principaux points de discorde, à savoir l'utilisation par l'Australie d'appellations géographiques européennes et l'accès du bœuf australien au marché européen, ont été surmontés.

Ce compromis permettra aux viticulteurs australiens d'utiliser le terme "prosecco" sur le marché intérieur, mais ils devront cesser de l'utiliser pour les exportations après 10 ans. 

L'Australie pourra également continuer d'utiliser certaines appellations géographiques, comme "feta" et "gruyère", lorsque les producteurs utilisent ces noms depuis au moins cinq ans. 

De leur côté, les constructeurs automobiles européens bénéficieront du relèvement du seuil de la taxe australienne sur les voitures de luxe pour les véhicules électriques, qui permettra aux trois quarts des véhicules électriques d'en être exonérés.

L'UE s'attend ainsi à augmenter ses exportations vers l'Australie d'un tiers au cours de la prochaine décennie, avec une hausse de 50% dans les secteurs des produits laitiers et de l'automobile. 

Le quota de bœuf australien autorisé à entrer dans l'UE sera multiplié par plus de dix au cours de la prochaine décennie, même s'il reste en deçà du niveau demandé par les agriculteurs australiens.

Le nouveau quota est fixé à 30.600 tonnes de viande bovine australienne,  dont 55% de viande d'animaux nourris à l'herbe exemptée de droits de douane, et 45% bénéficiant de droits de douane réduits à 7,5%.

Seulement un tiers du quota sera appliqué pendant les cinq premières années, avant sa pleine entrée en vigueur. 

La guerre au Moyen-Orient au programme

L'UE autorisera aussi l'entrée de 25.000 tonnes de viande ovine et caprine australienne issue d'animaux nourris à l'herbe, avec une mise en place progressive sur sept ans. 

L'accord entrera en vigueur après l'approbation du Conseil européen.

Bruxelles espère avec ses mesures restrictives et cette ouverture par étape éviter une nouvelle levée de boucliers des agriculteurs, déjà en colère contre l'accord commercial signé mi-janvier avec les pays latino-américains du Mercosur.

Les deux pays sont également convenus de renforcer leur coopération en matière de défense et d'améliorer l'accès européen aux minéraux critiques australiens.

Les responsables européens et australiens ont donc logiquement  abordé la question de la guerre au Moyen-Orient, qui pourrait provoquer la pire crise énergétique depuis des décennies, a averti lundi le chef de l'Agence internationale de l'énergie Fatih Birol.

Ursula von der Leyen a appelé, en outre ce mardi,  à cesser immédiatement les hostilités dans la région, décrivant une situation "critique" pour l'approvisionnement énergétique dans le monde.