À Londres, une manifestation propalestinienne interdite, accusée de liens avec Téhéran

Le gouvernement britannique a approuvé mardi soir l'interdiction d'une marche prévue dimanche à Londres présentée comme “propalestinienne”, mais dont les organisateurs sont décrits par la police comme des “soutiens du régime iranien”.

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Une marche nationale pour la Palestine à Londres, fin janvier 2026. / Reuters

C'est la première fois depuis 2012 qu'une manifestation est interdite à Londres, selon la police, qui avait réclamé cette mesure par crainte de violences liées au rassemblement et aux contre-manifestations attendues, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

Les organisateurs pourront néanmoins organiser un rassemblement "statique", mais sous "strictes conditions", a précisé la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood, citée dans un communiqué.

"Je suis convaincue que cette interdiction est nécessaire pour prévenir de graves troubles à l'ordre public, compte tenu de l'ampleur de la manifestation et des multiples contre-manifestations prévues", a justifié la ministre.

La manifestation devait se dérouler dans le cadre de la “Journée de Jérusalem” (“Al Quds day”).

Cette marche "est particulièrement controversée, car elle trouve son origine en Iran et est organisée à Londres par la Commission islamique des droits de l'homme, une organisation qui soutient le régime iranien", a souligné la police de Londres dans un communiqué. 

"Le seuil pour interdire une manifestation est élevé et nous ne prenons pas cette décision à la légère", a-t-elle assuré. Cette marche présente "des risques et des défis particuliers", a ajouté la police, qui anticipe des contre-manifestations et des "tensions extrêmes entre les différentes factions". 

Elle a aussi mis en avant "les menaces auxquelles nous sommes confrontés sur le sol britannique de la part du régime iranien". 

De précédentes marches organisées pour "Al Quds day" avaient donné lieu à des arrestations pour soutien à des “organisations terroristes” et à des “actes antisémites”, a-t-elle ajouté.

Les organisateurs de la manifestation ont "fermement condamné" son interdiction sur leur site internet. Ils dénoncent "une décision politique" et accusent la police d'avoir "capitulé devant la pression du lobby sioniste". 

L'interdiction prend effet ce mercredi à 16h (locales et GMT) et restera valable un mois.