Algérie: Laurent Nuñez exclut de se rendre sur place pour l’instant

Le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez a affirmé mardi qu'il irait en Algérie mais attendait "une amorce" de réponse d'Alger aux demandes de Paris, par exemple, sur les reconduites à la frontière des Algériens en situation irrégulière.

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Lauren Nuñez, ministre de l'Intérieur a remplacé à ce poste Bruno Retailleau / Reuters

Lors de sa prise de fonction Laurent Nunez avait promis une méthode moins basée sur les déclarations fracassantes et plus respectueuse. Il semble que le ton ait changé.  Il répond surtout aux déclarations de Ségolène Royal qui revient d’un déplacement en Algérie, en tant que présidente de l’association France-Algérie.
Interrogé par la chaîne TF1, l'ex-ministre française le pressait d'y aller  ce lundi alors que la crise s'éternise entre les deux pays. "Il faut y aller, mais c'est évident que quand on pose des conditions, c'est qu'on ne veut pas y aller", avait-elle critiqué Mme.

Précisant que la "mission effectuée" par Ségolène Royal, présidente de l'Association France-Algérie, n'était "pas pour le compte du gouvernement français", Laurent Nuñez a fait valoir que les conditions pour sa propre visite en Algérie étaient "minimalistes". 

La France demande une reprise des reconduites des Algériens en situation irrégulière et la libération du journaliste français Christophe Gleizes.

Arrêté en mai 2024 alors qu'il préparait un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie, Christophe Gleizes, 36 ans, avait d'abord été placé sous contrôle judiciaire, puis incarcéré en juin 2025 après sa condamnation à 7 ans de prison pour "apologie du terrorisme", peine confirmée en appel.

Paris attend un geste d’Alger

Le ministre a répété qu'il fallait que "le flux (des retours) se réamorce". "Il faut qu'il y ait une amorce", a-t-il insisté. En revanche, il a assuré que "les discussions techniques sécuritaires avaient repris" entre les deux pays.

Lors de son voyage, Ségolène Royal a pu rencontrer le président algérien. Elle a, également, obtenu l’autorisation de rendre visite en prison au journaliste français Christophe Gleizes, une démarche que le consul de France n’était jusqu’ici jamais parvenu à accomplir.

Cette ouverture algérienne envers l’ex-ministre française a irrité Paris, d’autant plus lorsque celle-ci a mis en garde contre une rupture durable et  suggéré que pour aplanir les tensions Emmanuel Macron devrait acter la restitution des biens culturels algériens spoliés durant la colonisation.

La crise diplomatique entre Paris et Alger a éclaté après la reconnaissance, à l'été 2024 par Paris, d'un plan d'autonomie "sous souveraineté marocaine" pour le Sahara occidental. l'Algérie soutient de son côté le mouvement indépendantiste Polisario.

Depuis, une série d'épisodes sont venus entretenir les tensions. Parmi eux, la détention et la condamnation en Algérie de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, finalement libéré, celle de Christophe Gleizes, ou encore l'incarcération en France d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement d'un influenceur.

Tout récemment, Alger a convoqué le chargé d'affaires de l'ambassade de France pour protester contre une émission Complément d'enquête diffusée sur la chaîne publique France 2, estimant c'était "une véritable agression contre l'Etat algérien, ses institutions et ses symboles".