France: un imam porte plainte contre des médias d’extrême-droite

Le président de l'Union des musulmans des Alpes-Maritimes, porte plainte contre l'ancien député Gilbert Collard et contre le magazine Frontières et CNews. Ils l'accusent d'être proche des Frères musulmans et d'influencer le vote des musulmans de Nice

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Prière de l'Aïd ce vendredi au Parc des expositions de Nice / Others

On savait l’entre-deux-tours très tendu à Nice. Le maire sortant Christian Estrosi est arrivé second lors du premier tour des élections municipales le 15 mars, alors que le candidat UDR, allié du Rassemblement national, Eric Ciotti, est arrivé largement en tête. La cinquième ville de France pourrait tomber dans le giron de l’extrême droite, mais l’ambiance y semble plus nauséabonde que tendue.

Une campagne “délétère” a regretté le chef des Républicains, Bruno Retailleau. Il y a quelques jours, l'imam de la mosquée Ar-Rahma de Nice, Otmane Aïssaoui, s’est montré sur la même longueur d’ondes.

Il dénonce aujourd’hui l'instrumentalisation de la communauté musulmane lors de la campagne pour les élections municipales de Nice. Accusé, dans une vidéo relayée par le magazine Frontières et par la chaîne CNews, d'entretenir une relation de clientélisme avec le maire de Nice, Christian Estrosi, l'imam a porté plainte contre les deux médias. 

Il a également déposé plainte contre l'ancien député gardois du Rassemblement national Gilbert Collard, qui l'accuse d'être proche des Frères musulmans.

Aucune consigne de vote à la mosquée

Le président de l'Union des musulmans des Alpes-Maritimes nie ces accusations en bloc. "Ils voteront pour qui ils veuelent", tranche Otmane Aïssaoui, avant d'ajouter: "Il y a des musulmans qui voteront Ciotti, des musulmans qui voteront Estrosi, des musulmans qui voteront pour la gauche. Il n'y a aucun problème. Comme dans toutes les communautés religieuses. Chacun est libre”, a-t-il confié au média Ici Azur.

Otmane Aïssaoui met également les choses au point concernant la prière de l’Aïd qui a eu lieu au Parc des expositions de Nice ce vendredi.
L’association qui gère la mosquée a loué ce lieu, facture à l’appui. Il ne s’agit pas d’un cadeau électoral fait aux musulmans avant le second tour, a insisté l’imam auprès du journal Nice-Matin.

Un maire très réticent enver l’islam

Mais ce vendredi matin, Christian Estrosi s’est présenté au Palais des expositions lors de la prière qui marque le début de la fête de l’Aïd. Il n'a pas été autorisé à entrer car l’association organisatrice n’avait invité aucun des deux candidats à la mairie.

Eric Ciotti, le second candidat à la mairie, quasiment certain de gagner dimanche prochain, s'est amusé de cet ultime rebondissement dans la campagne. Dans une interview sur CNews, ce vendredi, il moque le ton de la campagne entre les deux tours avec un maire sortant prônant le respect des communautés, et s’excusant de son soutien affiché pour Israël tout le long de la guerre à Gaza.



Le député Ciotti s’est moqué d’Estrosi en le qualifiant de “Che Guevara de la promenade des Anglais”.

Christian Estrosi avait promis la construction d’une grande mosquée en 2008 mais il s’est régulièrement opposé à la construction de grands ensembles cultuels ou culturels musulmans dans sa ville. La mosquée El Nour n’a vu le jour qu’après dix ans de procédure et de recours devant la justice.