Guerre au Moyen-Orient: une crise mondiale de l'énergie menace

Selon le dirigeant de l'Agence internationale de l’énergie, le monde pourrait connaître “sa pire crise d’énergie depuis des décennies” si le conflit au Moyen-Orient se poursuit.

By
Les prix du baril de brut sont stables ce lundi matin malgré la poursuite de la guerre / Reuters

Le président de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) tire la sonnette d’alarme. "Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de la crise de l'énergie si elle continue dans cette voie", a affirmé lundi Fatih Birol, décrivant une "menace majeure" pour l'économie mondiale.

D'après M. Birol, au moins 40 sites énergétiques ont été "gravement endommagés" au Moyen-Orient et onze millions de barils de brut manquent chaque jour, la production étant soit interrompue, soit réduite à cause des frappes.

Le monde pourrait connaître sa pire crise de l’énergie depuis des décennies en raison de la guerre au Moyen-Orient. 

“À ce jour, nous avons perdu 11 millions de barils par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies”, a-t-il affirmé au National Press Club à Canberra, faisant référence aux crises des années 1970. “À l’époque, pour chacune de ces crises, le monde a perdu environ cinq millions de barils par jour, soit, en ajoutant les deux, 10 millions de barils par jour”, a souligné Fatih Birol.

Une crise économique mondiale se profile

Fatih Birol insiste sur la gravité de la situation car la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël cumule une crise pétrolière et du gaz, les deux principales sources d’énergie au monde.“ Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise si elle continue dans cette voie. Il est donc nécessaire de mener une action à l’échelle mondiale”, a-t-il averti. 

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures, est partiellement bloqué de facto en raison de la guerre au Moyen-Orient, lancée le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran. Donald Trump a lancé un ultimatum aux Iraniens pour une réouverture complète du détroit, un ultimatum qui se termine ce lundi soir. Il menace de détruire les centrales électriques du pays si Téhéran n'obtempère pas. Les Iraniens en retour menacent de bloquer totalement le détroit.