France: un homme meurt dans les locaux d’un commissariat après son interpellation à Paris

Un homme est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi vers 00 h 20 dans les locaux du commissariat du XXe arrondissement de Paris après avoir été interpellé quelques heures plus tôt.

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Une vue du siège de la Brigade de répression du banditisme et de la Direction régionale de la police judiciaire de Paris, à Paris, le 26 octobre 2025. / AFP

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame, a rapporté le quotidien français Le Parisien.

Selon le parquet de Paris, les policiers ont contrôlé l’homme vers 22 h 45 sur la voie publique après l’avoir vu rouler ce qui semblait être un joint de cannabis. 

Lors de la tentative de palpation, l’individu aurait résisté et serait  tombé, entraînant dans sa chute plusieurs policiers. Les agents ont eu recours à un pistolet à impulsion électrique (PIE)  “en mode contact “ sur sa cheville pour le maîtriser, a précisé le parquet. 

L’homme a ensuite été conduit au commissariat. L’officier de police judiciaire avait demandé le transport à l’hôpital de l’homme qui présentait une plaie à l’arcade, Alors qu’il se trouvait sur un banc, en attente de ce transfert, il s’est mis à convulser puis a perdu connaissance. Les policiers ont immédiatement tenté de le réanimer, puis les sapeurs-pompiers ont pris le relais, sans succès. Il a été déclaré décédé vers 00 h 20.

La procureure de permanence criminelle près le tribunal judiciaire de Paris s’est rendue sur place, tout comme l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), qui a été saisie. Les policiers impliqués dans l’interpellation ont été auditionnés. 

“En l’état des éléments connus, une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte” et confiée à l’IGPN, a précisé le ministère public. Un certificat médical avec obstacle médico‑légal a été établi, et le corps a été transporté à l’Institut médico‑légal pour y subir une autopsie.

Sur le réseau social X, le député La France insoumise Thomas Portes a réagi au décès : “Encore un mort entre les mains de la police. Toute la lumière doit être faite sur ce décès. Il faut une enquête réellement indépendante et un dépaysement immédiat de l’affaire. Pensées et condoléances à sa famille et ses proches”, a‑t‑il écrit, appelant à davantage de transparence sur les décès lors ou après des interventions policières.

Les propos du député font écho à des données européennes récentes selon lesquelles la France a enregistré au moins 105 décès en garde à vue ou lors d’opérations de police entre 2020 et 2022, chiffre le plus élevé parmi les 13 pays de l’Union européenne pour lesquels des données comparables sont disponibles, même si les définitions et méthodes de comptabilisation varient selon les pays.