France: sécurité, santé et pouvoir d’achat s’invitent au cœur des municipales

Au-delà des préoccupations propres à chaque localité, les thématiques nationales comme la sécurité, la santé et le pouvoir d’achat, sont aussi au cœur des municipales françaises des 15 et 22 mars prochain.

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La police municipale de Marseille. / Reuters

Sécurité, désert médical, fiscalité locale: les élections municipales des 15 et 22 mars prochains se dessinent comme un véritable baromètre des inquiétudes des Français, au‑delà des problématiques spécifiques à chaque commune. 

Les résultats d’un sondage effectué entre décembre 2025 et début janvier 2026 par l'Institut Terram, think tank dédié aux territoires, et l'ONG Project Tempo, spécialiste des questions environnementales, révèlent que la sécurité apparaît comme étant l’une des principales préoccupations des électeurs à l’approche des élections municipales.

Elle est citée par 41 % des sondés comme l'enjeu principal du prochain mandat, loin devant la circulation et le stationnement (29 %), le logement (28 %), le commerce et le dynamisme économique local (28 %) ou encore la lutte contre les pollutions (27 %).

La problématique de la sécurité

Le trafic de drogue, les cambriolages et les mauvais comportements sur la route semblent préoccuper les Français au quotidien. La police municipale apparaît comme un maillon essentiel pour apporter des solutions à ces maux. D'où l'augmentation constante des  budgets de sécurité des mairies françaises.

Depuis 2017, les dépenses en la matière augmentent: +41%, contre une hausse de 16% en moyenne dans les autres services publics. À gauche comme à droite, la plupart des candidats promettent d'augmenter les effectifs de la police municipale. Pour prendre l'exemple de la ville de Paris, LFI vise 3 500 policiers municipaux, Reconquête, 8 000, en affirmant qu’il faut les armer (70% du budget de sécurité actuel de la capitale française). À  Grenoble, le candidat de la droite, l'ancien maire Alain Carignon, veut embaucher 50 policiers municipaux de plus chaque année pendant trois ans et augmenter le réseau de surveillance avec 350 caméras.Thomas Rousseau, candidat de la droite et du centre dans la ville de Rennes propose d'équiper les policiers municipaux en armes. Dans le même sillage, Benoît Payan,  le maire sortant de Marseille prévoit de doubler le nombre de caméras de 1900 à 3100. Avec un soupçon de populisme, des candidats promettent des brigades contre le narcotrafic, alors qu’il s’agit d’un domaine de compétences de l'État et non des municipalités.

La santé d’abord

Au-delà de la sécurité, la santé s’impose comme une question majeure pour les administrés. Selon les résultats d’une enquête menée par France Assos Santé (l’une des principales associations des patients) entre la fin 2025 et le début 2026, 70 % des Français considèrent la santé comme la première attente vis-à-vis de leur prochain maire, devant la sécurité des biens et des personnes (68 %).

Assos Santé a ainsi élaboré un plaidoyer à l'attention des candidats aux élections municipales ainsi qu’aux associations d’élus locaux. Outre l’amélioration de l’accès aux soins – dans un contexte où 7 millions de personnes sont aujourd’hui sans médecin traitant – il y a la promotion d’environnements favorables à la santé – dans un contexte de hausse continue des maladies chroniques. Ce sont au total 17 propositions qui sont déclinées, comme autant de pistes d’inspiration possibles pour agir.

Le défi du pouvoir d’achat

Une autre préoccupation qui s’impose également pour les électeurs est le pouvoir d’achat, en plus de la question des impôts et du logement.

”De manière globale, le pouvoir d’achat reste toujours la préoccupation numéro un des Français, explique Christelle Craplet, directrice opinion chez Ipsos BVA dans le média Bien public. Même si l’attente est plus élevée pour le gouvernement ou le président de la République que pour le maire d’une commune, ce dernier est l’élu à qui les Français font le plus confiance. Il y a donc une forme d’espoir que le maire puisse agir d’une certaine manière à améliorer le quotidien des administrés.”

À Dreux, une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire, beaucoup de candidats misent sur la redynamisation du petit commerce dans le centre de la ville. L’objectif est de d’augmenter le pouvoir d’achat des habitants mis à rude épreuve par l’inflation notamment. 

“Nous rendrons le centre-ville plus attractif grâce à des animations, de nouveaux aménagements urbains et à une politique de stationnement adaptée, avec 2 heures gratuites quotidiennes et la gratuité totale pour le samedi. Nous allons transformer et élargir le centre-ville pour en faire un lieu accessible, moteur du dynamisme local”, explique dans l’Écho Republicain, Valentino Gambuto, tête de liste “Réinventons Dreux” qui représente les “diverses gauche”.

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